Terreau valaisan

Une écriture nourrie de l'authenticité du Vieux-Pays.

L'enfance paysanne et montagnarde de l'écrivain Maurice Zermatten dans le Val d'Hérens a forgé sa vision du monde. Le Valais lui a offert également l'observation d'êtres vivants encore très proches de leur origine, une sorte d'«âme primitive» à contempler.

En juin 1966, face au journaliste Maurice Huelin, Maurice Zermatten évoque ce Valais-là avec un certain lyrisme, cependant il récuse tout régionalisme et affirme une aspiration à représenter l'universel.

Né le 22 octobre 1910 à Suen dans le Val d'Hérens, Maurice Zermatten, fils d'instituteur, est issu d'une famille paysanne. Il est le cadet de 9 enfants.

Il étudie à l'Ecole Normale puis à l'Université de Fribourg.

Professeur de littérature française, il enseignera au Lycée de Sion jusqu'en 1952. Il est ensuite chargé de cours à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Il se consacre également au journalisme et accomplit une carrière militaire qui le conduit au grade de colonel. En 1969, on lui reprochera la traduction d'un ouvrage destiné à renforcer l'esprit civique de la population.

Enfant déjà, il rêve d'être écrivain et son premier roman Le cœur inutile sort en 1936. Dès lors il ne cessera plus d'écrire et au cours de sa vie il publie environ 120 ouvrages, des romans pour la moitié d'entre eux mais également de nombreuses pièces de théâtre, des contes et des nouvelles ainsi que des ouvrages de critiques littéraires.

Il obtient de nombreuses distinctions récompensant son travail littéraire: il reçoit notamment le titre d'Officier de l'Ordre du mérite national français des Arts et des Lettres, ainsi que le Prix Schiller et le prix du Rayonnement de la Langue française.

Il s'éteint le 11 février 2001 à Sion.

Si son œuvre est profondément enracinée dans la société et la culture valaisannes, Maurice Zermatten a cependant toujours refusé l'étiquette d'écrivain régionaliste et avait pour ambition d'atteindre à l'universel dans ses écrits.

  • Journaliste: Maurice Huelin