Et l'angoisse...

Et toujours cette angoisse avant d'entamer un nouveau roman...

Georges Simenon est l'invité de l'émission littéraire Préfaces à l'occasion de la sortie de son dernier roman, la Chambre bleue. L'écrivain, qui n'a pas choisi de publier un nouveau Maigret, souhaitait «un roman dur, bref et violent». Malgré sa production impressionnante – plus de 190 romans au moment de cette interview – Georges Simenon confesse que l'écriture favorise chez lui «une angoisse comparable à une angine de poitrine».

Né à Liège le 13 février 1903, Georges Simenon est engagé à 16 ans à la rédaction de la Gazette de Liège où il tient la rubrique des faits divers. Il quitte la Belgique en 1922 pour s'établir d'abord à Paris puis en province. Il parcourt alors l'Europe et l'Afrique et écrit des reportages publiés dans la grande presse.

De 1945 à 1955, il vit au Canada et aux Etats-Unis. De retour en Europe, il se fixe définitivement à Lausanne qu'il ne quittera plus.

Après un premier roman écrit à Liège, Georges Simenon fait ses armes avec une abondante production paralittéraire. Il écrit sous pseudonyme quelques mille contes légers et près de 200 romans pour des collections à bon marché.

En 1932, Georges Simenon commence à publier sous son nom une série de romans policiers dont la dimension humaine et la pénétration psychologique renouvellent le genre, tout en lui conférant une grande valeur littéraire. Il met en scène le personnage du commissaire Jules Maigret qui sera le héros de 75 romans et de 28 nouvelles. Il publie également des romans d'aventure ou de moeurs dans lesquels il recrée l'atmosophère d'une ville ou l'ambiance d'un milieu social. Ce sera les Fiançailles de M. Hire (1933), Les inconnus dans la maison (1940), la Veuve Couderc (1942) ou la Mort de Belle (1952) qui serviront à de nombreuses adaptations cinématographiques et télévisuelles. Cette production considérable est réunie en 72 volumes de ses oeuvres complètes.

Après 1972, il entame «la dictée» de ses souvenirs et réflexions sur bandes magnétiques. Georges Simenon publie ainsi 21 volumes de 1975 à 1981 et écrit également plusieurs récits autobiographiques dont  Lettre à ma mère (1974), Mémoires intimes (1981) et Livre de Marie-Jo adressé à sa fille suicidée.

Sa puissance créatrice, Georges Simenon l'aura mise à la recherche de cet «homme nu», sans égard pour sa condition sociale, et à la découverte de cette faille secrète qui l'oblige à "aller jusqu'au bout de lui-même ~. Ce noyau central de son oeuvre, allié à une production exceptionnelle, fait de Georges Simenon un des écrivains les plus lus du XXe siècle. Ses livres ont été imprimés à plus de 550 millions d'exemplaires et traduits en 55 langues.

Il s'éteint à Lausanne, le 4 septembre 1989.