Jeanne Hersch

Jeanne Hersch interviewée dans les Grands entretiens en 2000.

Au terme de cette émission des Grands entretiens, Jeanne Hersch, qui a pris prétexte de l'histoire de Socrate pour parler de la valeur de la philosophie, a cette très belle définition: «La pensée est plus riche quand elle est humaine, c'est-à-dire ambiguë.»

Jeanne Hersch, née à Genève le 13 juillet 1910, s'oriente très tôt vers la philosophie, sous l'influence de celui qui restera toujours son maître, Karl Jaspers. Elle étudie tout d'abord à Genève, puis à Heidelberg et à Fribourg-en-Brisgau pour enfin terminer ses études à Paris. En 1936, elle rédige son premier ouvrage, L'Illusion philosophique.

Docteur ès lettres, elle enseigne la philosophie à l'Université de Genève dès 1956, dont elle devient professeur en 1962. Son autorité intellectuelle et morale sur le plan international lui valent d'être appelée à la direction de la philosophie de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), de 1966 à 1968. En 1966, elle publie Le Droits d'être un homme, anthologie thématique affirmant les droits fondamentaux des êtres humains.

De 1970 à 1972, Jeanne Hersch représente la Suisse au Conseil exécutif de l'Unesco.

Tout au long de sa vie, elle a orienté ses ouvrages sur la défense de la liberté. Membre du parti socialiste, elle afficha parfois des positions personnelles opposées sur des questions de politique ou de société, notamment sur la drogue et les révoltes estudiantines.

Elle décède à Genève le 5 juin 2000.

  • Journaliste: Catherine Unger