Maspero

François Maspero, éditeur et libraire, en 1966.

Dans cet exrait de l’émission En toutes lettres du 20 septembre 1966, le journaliste Guy Ackermann s'entretient avec l’éditeur François Maspero dans sa librairie « La joie de lire », au cœur du Quartier latin.

L'homme a une réputation sulfureuse. Depuis l’ouverture de sa librairie en 1955, il a été condamné douze fois par la censure. Son tort ? Etre politiquement engagé à gauche. Trop, aux yeux de certains. Ses ennemis ne se recrutent pas que dans le camp bourgeois. En plein conflit idéologique sino-soviétique, Maspero a pris le parti de publier les thèses maoïstes, ce qui n’est pas du goût des intellectuels et militants alignés sur Moscou.

Connu surtout pour son travail d’éditeur, François Maspero, né le 19 janvier 1932, fut également écrivain, traducteur, directeur de revues et libraire. En 1955, il reprend la librairie « La joie de lire » rue Saint-Séverin, dans le Quartier latin et crée en 1959 les Editions Maspero. Il aura à maintes reprises maille à partir avec la censure, notamment durant la période de la guerre d’indépendance algérienne dont il soutient la cause. La librairie fermera ses portes en 1975. En 1982, François Maspero quitte définitivement sa maison d’édition, qui continuera à exister sous le nom des Editions La Découverte. Il se consacre à l’écriture et aux voyages. Dans les années 90, il  rédige des chroniques journalistiques de Bosnie, d’Amérique latine et des territoires occupés par Israël. Il meurt le 12 avril 2015.

  • Journaliste: Guy Ackermann