Le skieur de l'impossible

Le skieur de l'impossible Sylvain Saudan sur le plateau de Chronique Montagne en 1974.

Il défie à ski les pentes à 50 degrés, il enchaîne les exploits sur les sommets du monde entier. En février 1974, Sylvain Saudan s'arrête sur le plateau de Chronique montagne où il commente les images de ses performances les plus folles. Sur la neige, sur les cailloux ou la glace, le skieur de l'impossible inaugure la glisse extrême, ski aux pieds mais tête sur les épaules. Ce pionnier s'en explique avec l'assurance tranquille qu'il semble éprouver face au risque, un risque très minutieusement analysé.

Né en 1936 à Lausanne, d'origine valaisanne, Sylvain Saudan est surnommé le skieur de l'impossible. Il passe son enfance dans la commune de Martigny-Combe. C'est là que dès l'âge de 6 ans, il met les skis aux pieds. Après sa scolarité, travaillant sur les grands chantiers de la route du col de la Forclaz et du barrage du Mauvoisin, il pratique le ski dans la région.

En 1961, Sylvain Saudan passe son brevet de professeur de ski et s'adonne à l'alpinisme. De retour en Suisse après un voyage autour du monde où il exerce son métier de moniteur de ski et obtient le brevet de guide, il réalise en 1962 son premier exploit à Arosa, sur les pentes du Rothorn. Peu à peu il augmente la difficulté skiant dans neiges très difficiles et dans des couloirs de plus en plus raides.

Entre 1967 et 1973, Sylvain Saudan enchaîne des exploits d'abord peu médiatisés. Le tournage d'un film sur ses descentes lui permet d'entamer une carrière de conférencier. Il réussira nombre de premières sur les plus hauts sommets des Alpes, d'Amérique du Nord et de l'Himalaya, tout en continuant de vivre de son travail à l'école de ski et comme guide de montagne.

Pionnier du ski extrême, Sylvain Saudan doit sans doute à son entraînement, à son analyse des risques et à son leitmotiv "ne pas tomber" d'être en 2016, à l'âge de 80 ans, au Festival International du Film Alpin des Diablerets pour y recevoir enfin le Mérite alpin.

  • Journaliste: Pierre Kramer