César

Le célèbre sculpteur poursuit sa série de compression.

Sylvie Porta, documentaliste à la TSR, a retenu ce document de 1965 de Champ libre consacré au sculpteur César.

Sylvie Porta: «Nous découvrons César, l'un des sculpteurs français le plus célèbre de son temps, dans son quotidien à Paris. Trapu et chaleureux, avec son verbe gouailleur du midi, il est naturellement très présent, drôle et attachant surtout lorsqu'il évoque ses origines italiennes.

Lorsqu'on le suit au volant de son auto, on pense immédiatement à ses sculptures notamment ses »Compressions« de carrosseries automobiles qui rompent avec la tradition statuaire et, en même temps, désacralisent la voiture.

Les matériaux, César sait les trouver et les exploiter. La séquence à la démolition est particulièrement intéressante car on suit l'artiste ferrailleur dans son monde de la récupération, là où il va redonner naissance à des objets en fin de vie. Il avoue malgré la fatigue qu'il ressent qu'il »faut faire sans se poser de questions« et lorsque l'on voit sa »Vénus de Villetaneuse«, on est émerveillé par le résultat obtenu et par sa manière d'appréhender la réalité.»

César Baldaccini, dit César, est né à Marseille le 1er janvier 1921. Après avoir suivi des cours aux Beaux-Arts de Marseille puis à Paris, il se dégage de l'enseignement académique en réalisant des petites figurines en métal et en plâtre.

En 1952, il aborde la sculpture en métal, travaillant au chalumeau. Avec de la feraille de rebut, il réalise des animaux ou des personnages parfois fantastique. En 1960, il présente ses premières «compressions» automobiles et autres objets passés au marteau-pilon. Exploitant les effets du hasard, César met en valeur les possibilités expressives des matériaux issus de la société industrielle. Il adhére au mouvement du nouveau réalisme et, dès 1967, il réalise des empreintes humaines de pouce ou de sein agrandies à une échelle monumentale.

Il est l'auteur des Césars, ces statuettes remise chaque année en France depuis 1976 comme récompences cinématographiques. Il meurt le 6 décembre 1998.

  • Journaliste: Michel Ragon
    Réalisateur: Gilbert Bovay