Chanoine Berthouzoz

Le chanoine Alphonse Berthouzoz

En 2005, l'émission radiophonique Chemins de terre donne la parole à l'intarissable chanoine valaisan Alphonse Berthouzoz. Ce religieux de la Congrégation de Saint-Bernard fut pendant plus de 20 ans une véritable figure de l'accueil à l'hospice du Grand-Saint-Bernard.

Féru d'histoire(s) et volontiers facétieux, le chanoine Berthouzoz raconte sa vocation. Il sait tenir en haleine l'auditeur avec une foule d'anecdotes sur les conditions et les règles de vie de l'hospice où il s'installa en 1943.

(Source photo: TSR 1999)

La Congrégation de Saint-Bernard a été fondée au 11e siècle par Bernard de Menthon, l'archidiacre d'Aoste. Le religieux avait recueilli les récits de voyageurs évoquant les périls du passage du col de Mont-Joux. Il décida de construire un refuge au col et d'y réunir une communauté religieuse. Sa mission: offrir l'hospitalité et porter assistance aux voyageurs en détresse et sa devise: "Hic Christus adoratur et pascitur" (Ici le Christ est adoré et nourri). Les chanoines suivront la règle de Saint-Augustin, le Père de l'Ordre des Chanoines Réguliers.

Depuis lors, la petite communauté qui compte aujourd'hui moins de 50 membres (chanoines, frères et laïcs engagés) demeure fidèle à l'esprit de son fondateur Bernard de Menthon et à la règle de Saint-Augustin qui dit "Vivez en paix dans la maison, et n'ayez qu'un coeur et qu'une âme dans le Seigneur".

Missionnaires au Tibet et à Taïwan

En juillet 1930, la Congrégation du Grand-Saint-Bernard accède à la demande de collaboration dans le Yunnan du supérieur des Missions étrangères de Paris. Le 10 janvier 1933,  quatre chanoines valaisans embarquent à Marseille à destination de la frontière du Tibet. Ils seront rejoints en 1936 par les chanoines Cyrille Lattion, Maurice Tornay et Frère Nestor Rouiller, en 1938 par les chanoines Angelin Lovey et Henri Nanchen et en 1946 par les chanoines Louis Emery, François Fournier, Alphonse Savioz et Jules Detry.

En 1949, le chanoine Maurice Tornay en butte à l'hostilité des autorités religieuses locales sera abattu à la frontière sino-tibétaine: il sera béatifié par le pape Jean-Paul II en 1993.

Suite à l'invasion communiste, les chanoines sont expulsés de leurs missions situées à la frontière de la Chine et du Tibet. Le dernier quitte la Chine le 31 juillet 1952.

Réfugiés à Hong Kong, les chanoines sont invités à se rendre à Formose (Taïwan) et en 1958 ils entament leur ministère dans la région de Hsincheng, chez les indigènes de la côte Est de Taïwan, les tribus Tarocco. Cette mission se poursuit encore.

  • Journaliste: Jean-Marc Falcombello