A San Morello 2

Cosenza1

En 1957, plusieurs régions d'Italie, abandonnées par Rome et le Nord, vivent dans une grande misère. C'est le cas de la Calabre, à l'image du petit village de San Morello, dans la province de Cosenza. Ses habitants y sont coupés de tout, vivent dans un grand dénuement, parfois même dans des grottes, et subviennent à leur besoins grâce au travail ingrat des lopins de terre loués à de grands propriétaires. Un système proche du féodalisme que les villageois subissent avec un certain fatalisme, ayant perdu l'espoir que les choses changent.

Un reportage in situ de Bernard Laurent, en deux parties.

(Photo: carte de la province de Cosenza, domaine public)

De 1957 à 1964, un reporter nommé Bernard Laurent sillonne le monde pour le compte de Radio-Genève. Redécouverts grâce à la numérisation des bandes magnétiques, ses reportages de terrain frappent par leur qualité: le Sahara, le Golfe persique, l’Italie, Haïti, la Bulgarie, l’Egypte et bien d’autres lieux sont visités micro en main. Avec ses sons d’ambiance, ses dialogues avec les habitants, sa narration pittoresque de la découverte des lieux, son sens de l’aventure et de l’écoute, Bernard Laurent a su imager le monde pour des auditeurs encore peu dépendants de la télévision.

Dès 1964, alliant sa passion du voyage et son besoin d'être utile sur le terrain, il entre sous son vrai nom, Laurent Marti, au Comité International de la Croix-Rouge (CICR), en tant que délégué. Il y effectuera de nombreuses missions délicates et parfois périlleuses, dont il fera un récit en forme de fiction dans son livre Bonsoir mes victimes.  Il sera par la suite le fondateur et le premier directeur du Musée de la Croix-Rouge, à Genève. 

  • Journaliste: Bernard Laurent