Au coeur de la révolution hongroise

La statue de Staline renversée à Budapest en 1956.

Jean-Pierre Goretta se trouvait à Budapest en 1956 lors de l'insurrection hongroise et sa répression brutale par les Soviétiques. Un reportage haletant au coeur même de cette contre-révolution qui finira dans le sang et l'exode. On suit le reporter dans les rues de la ville assiégée, à l'écoute d'une population résignée mais qui ne regrette rien.

(Source photo: TSR)

Les révélations de Khrouchtchev au XXe Congrès du Parti communiste sur les crimes du stalinisme, fin février 1956, ouvrent la voie à la contestation dans les pays satellites, comme la Pologne et la Hongrie.

Le 23 octobre, Gomulka, le nouveau dirigeant polonais, lance une série de réformes. Son exemple sera suivi en Hongrie par Nagy qui annonce un programme de reconstruction économique prenant en compte les revendications des ouvriers, des paysans et des intellectuels.

Dès le 19 octobre, l'agitation estudiantine s'accroît et quatre jours plus tard, une manifestation réunissant près de 300'000 personnes lance véritablement le soulèvement. Durant dix jours, les Hongrois tentent d'abattre le despotisme imposé par le régime stalinien, les ouvriers forment des conseils pour la gestion des entreprises, revendiquent la disparition de la police secrète, le retrait des troupes russes, les libertés politique et syndicale.

Mais l'insurrection hongroise est rapidement écrasée par les chars soviétiques qui pénètrent dans Budapest le 3 novembre. 200'000 soldats et 2000 chars occupent le pays, provoquant l'exode de plus de 200'000 réfugiés en Europe de l'ouest.

  • Journaliste: Jean-Pierre Goretta