Henri Guillemin

Henri Guillemin en 1985

Henri Guillemin, arrivé au soir de sa vie confie au micro d'Urs Gfeller, sa tristesse de voir l'indifférence religieuse du monde contemporain. Homme de foi, il est resté fidèle toute sa vie à l'enseignement de Jésus. Tout en gardant ses distances avec l'institution. Né dans une famille républicaine, il sera un chrétien de gauche, dans la mouvance du Sillon, fondé par Marc Sangnier.

Son engagement a été plus politique que religieux, malgré ses convictions personnelles. Il évoque sa rencontre avec François Mitterrand, un homme qu'il apprécie, non seulement pour son orientation politique mais également pour son questionnement métaphysique.

Le 20e siècle a une importance énorme. Pour la première fois l'homme a la possibilité de se détruire collectivement. Pour lutter contre ce pessimisme qui l'habite et dont il a conscience, il a écrit L'Affaire Jésus (1984). Seules les réalités fondamentales qui se trouvent à l'intérieur de l'homme, pourraient selon Guillemin, permettre de dominer l'horreur d'une destruction possible.

(Source photo: TSR, 1985)

Né en 1903 à Mâcon, Henri Guillemin est d'abord élève à Mâcon, puis à Lyon avant d'entrer à l'Ecole normale supérieure, rue d'Ulm. Auteur d'une thèse sur Lamartine, il est nommé à l'Université du Caire (1936-1938), puis à l'Université de Bordeaux (1938-1941).

Dénoncé comme gaulliste en 1942 pour son livre sur Rousseau Cette affaire infernale, il se réfugie à Neuchâtel. Après la guerre n'ayant pas obtenu de poste d'enseignement à la Sorbonne, il sera jusqu'à sa retraite attaché culturel à l'ambassade de France à Berne.

Spécialiste avant tout de la littérature du 19e siècle, Henri Guillemin se lance des des recherches historiques sur la question sociale au 19e siècle. Excellent conteur et narrateur, il a produit de nombreux enregistrements pour la TSR et la RSR sur l'histoire de France du 19e puis du 20e siècle. Son oeuvre historique sera parfois contesté pour ses approximations et ses erreurs.

Chrétien de gauche, dans la lignée du Sillon de Marc Sangnier, il restera fidèle à ses convictions durant toute sa vie.

Il est décédé à Neuchâtel le 4 mai 1992.

(Source: Wikipédia)

  • Journaliste: Urs Gfeller