Auguste Viatte

Photo d'Auguste Viatte dans les années 30.

Pour faire comprendre combien les changements ont été importants durant le 20e siècle, Auguste Viatte use d'une image, celle du naufragé. "Je m'amuse quelques fois à me demander à ce que comprendrait par exemple un naufragé qui à l'âge de 20 ans en 1914 aurait été coupé du reste du monde et qui reviendrait. Il verrait la sorcellerie que représente la transmission de la parole et de l'image".

Auguste Viatte, qui a parcouru le monde durant sa longue vie, en particulier les pays où l'on parle français, publie en cette année 1986 un Dictionnaire général de la francophonie. De Paris à Québec, d'Haïti à l'Afrique noire, il devient l'un des meilleurs connaisseurs de la littérature française comparée. C'est peut-être en raison de cela qu'il ne veut pas parler du recul du français en cette fin de siècle. Il cite notamment l'exemple de James Domengaux en Louisiane, qui a permis la reprise du français dans cet état américain.

S'il ne se montre pas trop pessimiste sur l'avenir du monde, il constate à l'instar d'autres contemporains l'oubli du facteur spirituel et affirme la nécessité que la conscience guide le développement technique.

Né à Porrentruy en 1901 dans une famille de médecin, Auguste Viatte se montre très vite un élève doué. A l'âge de 20 ans il soutient un doctorat à l'Université de Fribourg, qui sera complété par doctorat d'Etat en littérature à la Sorbonne en 1928. Il acquiert la nationalité française. Il voyage autour du monde et participe activement au mouvement catholique des Equipes sociales.

Professeur de littérature française à l'université Laval de Québec (1933-1949), il passe la seconde guerre mondiale loin de l'Europe. Il s'engage dans une résistance spirituelle au service de la France libre. Il enseigne par la suite à Nancy (1949-1952), puis à l'EPFZ (1952-1967).

Auguste Viatte explore le domaine des littératures francophones comparées. Pionnier de la francophonie littéraire, il est actif dans diverses associations internationales pour le rayonnement de la culture française.

Il décède à Paris en 1993, où il est inhumé.

(Source: DHS)

  • Journaliste: Urs Gfeller