Réfugiés hongrois

Des réfugiés fuient la Hongrie en 1956.

Le 28 novembre 1956, l'Autriche est submergée par le nombre de réfugiés en provenance de Budapest. Les associations s'efforcent d’unir leurs forces pour venir en aide aux exilés épuisés. Maurice Vuttier, qui a participé pour le CICR à l’acheminement de vingt camions de vivres pour Budapest, décrit la situation tragique de la ville. Le secrétaire du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés rappelle sur les ondes Radio Genève : « la grande nécessité de s'unir pour donner un peu d’espoir dans une vie meilleure».

La Suisse décrète une politique d’accueil sans condition pour les Magyars en fuite. Chez elle «…où tout est en ordre…», aucune sélection ne sera faite parmi les Hongrois en détresse qui veulent reconstruire leur vie dans notre pays.

L’émotion perceptible dans la voix du journaliste Jean Bühler est sans aucun doute au diapason de la compassion ressentie par le peuple suisse face à ces événements.

(Source photo: TSR 1978)

Les révélations de Khrouchtchev au XXe Congrès du Parti communiste sur les crimes du stalinisme, fin février 1956, ouvrent la voie à la contestation dans les pays satellites, comme la Pologne et la Hongrie.

Le 23 octobre, Gomulka, le nouveau dirigeant polonais, lance une série de réformes. Son exemple sera suivi en Hongrie par Nagy qui annonce un programme de reconstruction économique prenant en compte les revendications des ouvriers, des paysans et des intellectuels.

Dès le 19 octobre, l'agitation estudiantine s'accroît et une manifestation réunissant près de 300'000 personnes lance véritablement le soulèvement. Durant dix jours, les Hongrois tentent d'abattre le despotisme imposé par le régime stalinien, les ouvriers forment des conseils pour la gestion des entreprises, revendiquent la disparition de la police secrète, le retrait des troupes russes, les libertés politique et syndicale.

Mais l'insurrection hongroise est rapidement écrasée par les chars soviétiques qui pénètrent dans Budapest le 3 novembre. 200'000 soldats et 2000 chars occupent le pays, provoquant l'exode de plus de 200'000 réfugiés en Europe de l'ouest.

  • Journaliste: Jean Bühler