Un nouvel ordre financier

L'économiste John Maynard Keynes prend la parole lors de la Conférence de Bretton Woods en juillet 1944.

Quelques mois après la Seconde Guerre mondiale, un nouvel ordre financier mondial s'érige sur les bases posées lors de la Conférence monétaire et financière de juillet 1944 qui a abouti aux accords de Bretton Woods. Dès juin 1946, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) entamera son activité alors que le Fonds monétaire international débutera ses opérations en mars 1947.

En février 1946, dans une émission radiophonique intitulée A l'écoute de la paix qui vient, il est temps de faire le point sur la situation - et surtout l'avenir - du franc suisse et de l'économie helvétique. Invité au micro, André Fatio dresse le tableau d'une Suisse neutre et donc en marge des nouvelles institutions financières: un pays qui ne doit surtout pas redevenir un îlot de la vie chère.

(Source photo: Conférence de Bretton Woods, AFP)

Les accords de Bretton Woods

Du 1er au 22 juillet 1944, une conférence monétaire et financière internationale se déroule à Bretton Woods aux USA. Elle a pour objectif de poser les bases économiques d'une paix durable et de rétablir l'ordre monétaire international qui s'était effondré en septembre 1931 lors de la Grande Dépression aux USA. Les deux principales figures de ces débats réunissant quelque 730 délégués de 44 nations sont l'économiste John Maynard Keynes, chef de la délégation britannique et Harry Dexter White, assistant au Trésor des USA.

Les chartes de deux institutions internationales y sont édictées: celle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). Le système mis en place repose sur le dollar américain autour duquel est organisée la stabilité des cours de change, le billet vert seul est rattaché à l'étalon-or.

En 1971, l'abandon par les USA de la convertibilité du dollar en or ébranlera le système avant le passage en 1973 au régime des changes flottants qui fera perdre beaucoup de sa valeur à la monnaie américaine.

La Suisse, demeurée longtemps à l'écart de ce nouvel ordre financier en raison de sa neutralité et par crainte de perdre le contrôle de sa devise et de l'inflation, a rejoint le FMI et la Banque mondiale en 1992.

  • Journaliste: Paul Ladame