Célébration

Portrait de Emile Jaques-Dalcroze.

Le fils d'Emile Jaques-Dalcroze dévoile un peu de la vie de son célèbre père, la musique, ses idées. Il nous le fait voir sous un jour nouveau: excentrique, farceur, ludique. Ceci explique en partie que sa passion pour la pédagogie ait pris le dessus sur son travail de composition, qu'il n'a jamais délaissé mais qu'il se souciait peu d'éditer ou de faire exécuter.

Gabriel Jaques-Dalcroze a aussi été l'exécuteur testamentaire de son père et a créé selon ses voeux le Collège de l'Institut Jaques-Dalcroze, qui perpétue sa méthode rythmique.

(Source photo: TSR 1965)

A l’évocation du nom d'Emile Jaques-Dalcroze (1865 - 1950), aux oreilles et à la mémoire des Romands résonnent encore ses chansons poético-patriotiques ou ses comptines pour enfants. On se souvient aussi de sa méthode, La Rythmique, qui entraînait dès leur plus jeune âge les garçons et les filles dans une appréhension physique de la musique. Mais à regarder d’un peu plus près le parcours et la personnalité de Jaques-Dalcroze, on découvre un personnage atypique, moderniste et innovateur.

Dès 1911, son institut d'Hellerau, près de Dresde, attire la fine fleur de l'intelligentsia européenne: Diaghilev, George Bernard Shaw, Honegger, Claudel, Le Corbusier, Ansermet et bien d'autres. Son rêve allemand brisé par le Première Guerre mondiale, Jaques-Dalcroze crée en 1915 un nouvel Institut à Genève, et se partage désormais entre pédagogie musicale et composition. Si ce mélodiste de génie a fait entrer bon nombre de ses chansons dans le patrimoine choral helvétique, son oeuvre symphonique et de musique de chambre reste encore méconnue. On la redécouvre aujourd'hui avec étonnement: ne fut-il pas l'élève de Bruckner à Vienne et de Delibes et Fauré à Paris?