Après le putsch

Le roi Juan Carlos d'Espagne en 1979.

Quelques mois après la tentative de coup d'Etat du 23 février menée par 200 gardes civils qui s'étaient emparés des Cortes, la Chambre des députés, l'Espagne demeure inquiète et clame son attachement à la démocratie. A la veille du 1er mai, la population craint un nouveau mouvement de l'armée mécontente.

De plus, l'attitude du roi Juan Carlos d'Espagne faisant le choix solennel de l'ordre constitutionnel lors de cet événement historique est pour la première fois mise en cause après les révélations du lieutenant colonel Antonio Tejero. A la tête de l'insurrection, ce militaire accuse le souverain espagnol d'avoir soutenu le putsch dans une manoeuvre politique destinée à asseoir la démocratie.

Ces remous espagnols font l'objet d'un compte-rendu radiophonique.

(Source photo: TSR 1979)

Au lendemain de la mort de Franco (20 novembre 1975), Juan Carlos de Bourbon, petit-fils d'Alphonse XIII monte sur le trône. Il avait été choisi par le Caudillo en 1969 pour lui succéder. Aidé par Adolfo Suarez, qui dirige un gouvernement centriste de 1976 à 1981, le roi entreprend la démocratisation du régime. La Constitution de 1978 rétablit les institutions représentatives et crée des gouvernements autonomes dans les dix-sept régions du pays.

Une économie chancelante et la poursuite des attentats terroristes au Pays basque incite une frange de l'armée a lancer un putsch le 23 février 1981. 200 gardes civils de l'armée espagnole, conduits par le lieutenant colonel Antonio Tejero envahissent les Cortes, le parlement espagnol, et y séquestrent les députés qui procédaient au vote d'investiture du nouveau chef du gouvernement Leopoldo Calvo Sotelo, appelé à remplacer Adolfo Suarez démissionnaire.

L'objectif de ce coup de force de l'armée: instaurer un régime militaire franquiste. Cette tentative échouera grâce à la fermeté de deux hommes présents aux Cortes: le général Gutierrez Mellado et Adolfo Suarez. L'intervention du roi Juan Carlos qui ordonne à l'armée de se conformer à son devoir de loyauté à la Constitution met fin à la tentative du coup d'Etat et conforte le choix démocratique de l'Espagne.