Le Reichstag brûle

L'incendie du Reichstag.

Le 27 février 1933, le Reichstag à Berlin est la proie des flammes. Aussitôt les Nazis, qui viennent tout juste d'accéder au pouvoir, accusent les communistes d'être à l'origine de l'incendie. Cinq personnes seront inculpées, parmi lesquelles le Bulgare Georgi Dimitrov.

Dans cette archive de Radio-Lausanne, l'avocat français Marcel Villard, qui parvint à se "glisser" dans le procès, raconte la défense de Dimitrov. Il rappelle le contexte de l'événement: l'incendie est une provocation du gouvernement nazi pour éliminer ses opposants en les accusant d'un crime dont il est lui-même coupable. Mais le sang-froid et le génie dialectique de Dimitrov vont réussir à démasquer les provocateurs, et à gagner l'audience internationale.

Dimitrov sera finalement acquitté, mais l'incendie aura servi de prétexte aux Nazis pour abolir les libertés civiles en Allemagne.

(Source photo: Domaine public / Wikimedia commons)

Georgi Mikhailov Dimitrov, né en 1882, était un homme politique bulgare. Révolutionnaire communiste, il quitte la Bulgarie pour l'URSS en 1923 suite à une insurrection ratée. Arrêté à Berlin en 1933 sous le prétexte de complicité dans l'incendie du Reichstag, il se défendra des accusations dans un procès qu'il transforme en tribune antinazie et qui lui vaudra une reconnaissance mondiale. Après un nouvel exil en URSS, il regagne la Bulgarie lors de sa "libération" par l'Armée Rouge en 1944, d'abord en tant que dirigeant du Parti Communiste Bulgare, puis comme premier ministre. Stalinien, il procède à des "épurations", et meurt dans des circonstances troubles en 1949.

Un mausolée lui fut édifié à Sofia, pour être finalement détruit en 1999 dans des conditions ubuesques.

  • Journaliste: Jean Thévenot