Théodore Monod

Théodor Monod

En 1955, Théodore Monod raconte l'une de ses expéditions dans le Sahara occidental (probablement entre l’Adrar en Mauritanie et Araouan au Mali) au micro de Louis-Albert Zbinden. Accompagné de deux soldats marocains de l'armée coloniale française et de cinq chameaux, il a marché vingt-deux jours cinglant le désert d'une droite parfaite.

Son but était d'étudier le no man's land que représente cette région. Quasiment vide de population, le désert regorge de vie et de traces: antilopes, fennecs et  insectes divers, mais aussi des vestiges du Néolithique comme des vertèbres de poisson, signe sûre que ces immensités ont connu il y a bien longtemps un autre destin.

Naturaliste humaniste, Théodore Monod, ami de Louis Massignon et admirateur d'Albert Schweizer a été tout au long de sa vie à la fois pacifiste, antimilitariste, écologiste, ainsi que végétarien engagé contre la corrida et la chasse.

(Source photo: TSR 1996)

Né le 9 avril 1902 à Rouen, Théodore André Monod est fils de pasteur. Après des études couronnées par une licence de sciences naturelles (géologie, zoologie et botanique),  il entre au Muséum national d'histoire naturelle en 1922 et part rapidement en mission dans un pays qui lui deviendra cher, la Mauritanie. En 1925, une autre mission, cette fois au Sénégal, lui permet de découvrir l'Afrique noire. Il soutient sa thèse sur de minuscules crustacés en 1926. Pacifiste et antimilitariste, le service militaire lui permet pourtant d'approfondir sa passion pour le désert.

Il épouse Olga Pickova en 1928. De cette union naîtront trois enfants et cinquante ans de labeur en commun. Affecté à Dakar en 1938, il développe l'Institut Français d'Afrique Noire. Réfractaire au régime de Vichy, il anime une émission sur Radio-Dakar. Il est nommé directeur du laboratoire des pêches d'outre-mer au Muséum en 1942. Il rentre à l'Académie des sciences en 1963. Ses innombrables voyages et expéditions ont fait de lui un spécialiste renommé des déserts. Il s'éteint le 22 novembre 2000 à l'âge de 98 ans.

  • Journaliste: Louis-Albert Zbinden