La lune selon Piccard

Auguste Piccard et Paul Kipfer

Onze ans après une première interview en 1946 au cours de laquelle il ne voyait que quelques obstacles techniques à la conquête de la lune, Auguste Piccard se fait plus sceptique quant à la réalisation d'une telle expédition. Problèmes de carburant, choix des matériaux, danger des météorites, les obstacles sont innombrables. Il faudrait une nouvelle invention pour y parvenir. Et cela coûterait très cher.


Et dans quel but? Pour y trouver de l'or ou des diamants? Dans un objectif militaire? Par pure propagande? Le jeu n'en vaut peut-être pas la chandelle.


Mais Auguste Piccard redevient visionnaire lorsqu'il évoque le voyage interstellaire. S'appuyant sur la théorie d'Einstein, il souligne qu'en voyageant à la vitesse de la lumière, le temps ne s'écoulant plus, un équipage ayant accompli un périple de 2000 ans pourrait revenir sur terre plus âgé de trois mois à peine!


(Source photo: Wiki Commons, Electricmic at en.wikipedia)


Malgré les problèmes évoqués par Auguste Piccard, le programme d'exploration de la lune progresse à grande vitesse, aiguillonné par la rivalité USA-URSS, en pleine guerre froide.


Le programme américain Apollo résoudra les problèmes évoqués par Auguste Piccard en séparant le véhicule en plusieurs parties: une fusée de 3000 tonnes, Saturn V (3 étages, le premier au kérozène, les deux autres à l'hydrogène liquide, se décomposant lors de sa progression), et 2 vaisseaux spatiaux, le Module de Commande et de Service (CSM), qui restera en orbite autour de la lune, et le Module Lunaire (LEM) qui se posera sur la lune.


Le 20 juillet 1969, le module lunaire Eagle, lors de la mission Apollo 11, se pose sur la lune et y débarque Neil Armstrong et Buzz Aldrin, le troisième équipier Michael Collins étant resté dans le CSM.


  • Journaliste: Daniel Paul