Jules Verne vs Piccard

Jules Verne in 1892.

Pour Auguste Piccard, les romans de Jules Verne permettent de rêver, de s'imaginer une réalité nouvelle que l'on accepte comme vraie. Mais en tant que physicien et inventeur, Piccard démonte un à un les moyens techniques imaginés par Jules Verne dans ses romans De la Terre à la Lune et Vingt mille lieues sous les mers.


Malgré ces absurdités, on trouve dans les livres de Jules Verne certaines traces indiquant qu'un savant avait été consulté avant l'écriture. Mais chez Verne, l'imaginaire l'emporte toujours sur le rationnel. Ne croyait-il pas au mouvement perpétuel? L'essentiel reste le pouvoir évocateur et la poésie qui imprègnent son oeuvre.


(Source photo: Wikicommons, Jules Verne en 1892)


Il n'est guère étonnant que l'on évoque l'oeuvre de Jules Verne lorsqu'on se trouve en présence d'Auguste Piccard. En effet, on retrouve tous les centres d'intérêt de Piccard dans les romans verniens: le ballon (Cinq semaines en ballon, 1863), le submersible (Vingt milles lieues sous les mers, 1870), et la fusée lunaire que Piccard essayait de se représenter (De la terre à la lune, 1865 - Verne imaginait un canon de 300 mètre de long pour expédier les hommes sur la lune!).


Mais en bon scientifique, Auguste Piccard réfute la faisabilité des inventions de Jules Verne. Son roman le plus réaliste en matière de transports est finalement Le tour du monde en 80 jours (1872), qui dresse l'inventaire technique de la révolution des transports du XIXème siècle.


  • Journaliste: Joël Curchod