Musique moderne

Ernest Ansermet en 1939.

En 1941, le chef d'orchestre travaille déjà au monument qu'il mettra vingt ans à publier, ses Fondements de la musique dans la conscience humaine.

Dans cette conférence radiophonique, il rappelle quelles sont, pour lui, les origines de la musique contemporaine.

Toutes les musiques sont issues d'une tradition venant de l'Antiquité grecque. Puis la musique chrétienne se répand dans toutes les nations d'Occident, évoluant différemment entre chaque région, mais toujours en relation entre elles, ouvrant la voie à une musique universelle.

En pleine guerre mondiale, Ansermet parle ici de la musique comme un trait d'union entre les nations et les races.

(Source photo: Roger-viollet/afp)

Voir également notre dossier consacré à Ernest Ansermet

Ernest Ansermet est né à Vevey en 1883, dans une famille de musiciens amateurs. Attiré dès son plus jeune âge par la musique, il se tourne pourtant vers des études de mathématique approfondies. En 1903, il reçoit une licence en sciences mathématiques et physique à l'Université de Lausanne. Souhaitant faire un doctorat, il poursuit ses études à la Sorbonne tout en suivant les cours du Conservatoire de Paris. De retour en Suisse, il se décide finalement à entrer dans une carrière musicale. En 1909, il passe une année à Berlin où il assiste aux répétitions de la Philharmonie, dirigées par Nikisch, R. Strauss, Mottl, Muck, entre autres.


En 1910, il commence à diriger des concerts à Lausanne, puis obtient, sur concours, la direction du Kursaal de Montreux. On le voit déjà diriger des oeuvres de Debussy, qu'il rencontre pour la première fois à Paris. S'étant lié d'amitié avec Ramuz, il se lie d'amitié avec Stravinsky: Un certain jeudi après-midi, comme j'étais déjà féru de musique russe (j'en donnais souvent), j'ai vu arriver dans ma chambre un petit bonhomme qui s'est présenté, c'était Igor Stravinsky.» Du compositeur, il vit la genèse du Sacre du Printemps, de Petrouchka, de l'Histoire du Soldat.


En même temps que Genève offre à Ansermet la direction des concerts d'abonnement, Diaghilev lui propose la direction de l'Orchestre des Ballets Russes. Le chef se partage alors entre Genève, les tournés de ballets et l'Argentine où il a créé un orchestre national. Sa réputation internationale est faite. Son amitié avec Stravinsky le conduira à créer l'Histoire du Soldat, le Chant du Rossignol, Pulcinella, les Noces, Renard, le Capriccio pour piano, la Messe, durant la même période il dirige les premières auditions du Tricorne de De Falla, de Chout De Prokofiev, de Parade de Satie.


En 1918, il crée l'Orchestre Romand dans le but de créer une tradition symphonique en Suisse romande. En 1932, il fait signer une convention avec Radio-Genève pour assurer la diffusion de tous les concerts de l'Orchestre Romand. Mais 3 ans plus tard, la SSR décide de transférer cet orchestre à Lausanne. Un partie des musiciens reste pourtant à Genève, fidèle au «patron». Après quelques années d'incertitudes l'Orchestre de la Suisse romande trouve sa stabilité. En 1938, Radio-Genève construit un nouveau studio, doté d'une grande salle de concert dans laquelle Ansermet dirigea plus de 450 concerts,(aujourd'hui «Studio Ernest Ansermet»). L'OSR prend son siège définitif à Genève. Ansermet restera à sa tête jusqu'en 1967: à 84 ans, il décide de prendre une demi-retraite et cède a place à Paul Klecki. Il dirigera pourtant encore l'OSR jusqu'au 30 décembre 1968, emmenant son orchestre aux Etats-Unis et au Japon. Il s'éteint le 20 février 1969.


Durant sa vie de chef, Ansermet aura fait connaître la Suisse romande à travers le monde entier, notamment grâce au disque. Il a créé un nombre considérable d'oeuvres majeures du 20e siècle: Stravinsky, Britten, Debussy, Copland, Hindemith, Lutoslawski, Kodaly, Martin, Honegger, Beck, Bloch…


Ecrits :


Le geste du chef d'orchestre (Lausanne, 1943)


Débat sur l'art contemporain (Neuchâtel, 1948)


Les fondements de la musique dans la conscience humaine (Neuchâtel, 1961)


Entretiens sur la musique (av. J-C. Piguet) (Neuchâtel, 1963)