Profil perdu (2/2)

Portrait de Jaques-Dalcroze.

Cette émission en 2 parties part à la recherche du parcours et de la personnalité énigmatique d'Emile Jaques-Dalcroze, compositeur, chansonnier et inventeur d'une méthode, La Rythmique, qui initie les enfants à une pratique de la musique passant par le corps. Cette méthode est aujourd'hui enseignée dans les Instituts Jaques-Dalcroze de Genève et de Bruxelles.

Mais Jaques-Dalcroze fut aussi un innovateur, et même un phénomène dans les années 1910-1915, lorsqu'il créa son Institut à Hellerau, près de Dresde, où se pressèrent toutes les figures de l'intelligentsia européenne. Son oeuvre, un peu eclipsée par sa démarche pédagogique, est aujourd'hui redécouverte. Les différentes facettes de ce personnage hors normes sont éclairées par les témoignages de ceux qui l'ont connu ou étudié.

(Source photo: TSR 1965)

A l’évocation du nom d'Emile Jaques-Dalcroze (1865 - 1950), aux oreilles et à la mémoire des Romands résonnent encore ses chansons poético-patriotiques ou ses comptines pour enfants. On se souvient aussi de sa méthode, La Rythmique, qui entraînait dès leur plus jeune âge les garçons et les filles dans une appréhension physique de la musique. Mais à regarder d’un peu plus près le parcours et la personnalité de Jaques-Dalcroze, on découvre un personnage atypique, moderniste et innovateur.

Dès 1911, son institut d'Hellerau, près de Dresde, attire la fine fleur de l'intelligentsia européenne: Diaghilev, George Bernard Shaw, Honegger, Claudel, Le Corbusier, Ansermet et bien d'autres. Son rêve allemand brisé par le Première Guerre mondiale, Jaques-Dalcroze crée en 1915 un nouvel Institut à Genève, et se partage désormais entre pédagogie musicale et composition. Si ce mélodiste de génie a fait entrer bon nombre de ses chansons dans le patrimoine choral helvétique, son oeuvre symphonique et de musique de chambre reste encore méconnue. On la redécouvre aujourd'hui avec étonnement: ne fut-il pas l'élève de Bruckner à Vienne et de Delibes et Fauré à Paris?

  • Journaliste: Ruth Scheps