9 novembre 1932

La fusillade du 9 novembre 1932 à Genève.

9 novembre 1932, jour de tragique mémoire à Genève: ce mercredi soir, l'armée tire sur la foule lors d'une manifestation, bilan 13 morts et 65 blessés.

En 2006 dans l'émission radiophonique Je me souviens, Jacqueline, petite fille de trois ans à l'époque mais marquée par l'événement, se remémore.

En prolongement à ces souvenirs un peu flous, un entretien avec un invité, Claude Torracinta.

Le journaliste - auteur d'un livre intitulé Genève, le temps des passions et d'une émission Temps présent consacrée à cette période - éclaire les circonstances politiques et historiques de cet épisode marquant de l'histoire genevoise.

(Source photo: Keystone)

La fusillade du 9 novembre 1932 à Genève s'inscrit dans le contexte historique troublé de la montée des totalitarismes en Europe, de la crise et du chômage.

A Genève, la situation est tendue entre le parti socialiste de Léon Nicole et celui d'Union nationale de Georges Oltramare, d'obédience fasciste. Suite à la pose d'une affiche provocatrice de l'Union nationale "mettant en accusation publique" Léon Nicole et Jacques Dicker dans une salle de Plainpalais, les socialistes organisent une contre-manifestation. Le Conseil d'Etat, par crainte de débordements, fait appel à des recrues de l'armée qui face à une foule antimilitariste échauffée font feu. Bilan 13 morts et 65 blessés. L'émotion est immense.

Lors du procès qui se déroule en mai 1933 devant les assises fédérales Léon Nicole est jugé responsable de faits d'émeutes et condamné à l'emprisonnement.

Cet événement tragique aura des répercussions électorales: en novembre 1933, les socialistes emportent la majorité au Conseil d'Etat genevois ainsi qu'au Conseil municipal de Lausanne.

Par ailleurs ce sera la dernière fois que l'armée sera envoyée à l'encontre des manifestants en Suisse.

  • Journaliste: Lison Méric