Jenny Humbert-Droz

Jenny Humbert-Droz.

Venue au monde au XIXe siècle, disparue au XXIe, c'est avec détermination que Jenny Humbert-Droz, née Eugénie Perret, a tracé sa route. Issue d'une famille très conservatrice, elle rencontre en 1910 celui deviendra son mari, Jules Humbert-Droz, l'un des futurs secrétaires de l'Internationale communiste.

Jenny savait très bien ce qu'elle voulait : "Un mari intelligent qui puisse me conseiller et me diriger". La formule interloque aujourd'hui, pourtant entre la soumission et l'audace, c'est nettement la seconde qui a dominé dans ses actions. La foi, en Dieu comme son père pasteur ou en des lendemains meilleurs, comme son époux passé du socialisme au communisme,  a été le moteur de son engagement en faveur d'un monde plus juste et égalitaire.

Témoin aussi bien de la prise du pouvoir par Staline que de la chasse aux communistes en Europe occidentale, Jenny Humbert-Droz est restée fidèle à ses convictions jusqu'à son dernier souffle.

(Source photo: TSR 1970)

Née le 27 août 1892 à Môtier, décédée le 4 janvier 2000 à Malvilliers, Jenny Humbert-Droz a eu un destin hors du commun. Fille de pasteur, elle épouse Jules Humbert-Droz, pasteur lui aussi de formation, mais surtout militant socialiste, communiste de 1921 à 1942, puis à nouveau membre du parti socialiste.

Les activités de secrétaire de l'Internationale communiste de Jules entraînent l'installation de la famille en URSS une première fois en 1921 et à nouveau  de 1925 à 1931. Son opposition à Staline lui fera perdre son poste dans un premier temps et lui vaudra son expulsion du parti en 1942.

Militante féministe, elle fut la présidente de la première section des Femmes socialistes en 1946, ainsi que la co-fondatrice de la Fédération romande des consommatrices en 1959. C'est elle qui rédigea le dernière tome des mémoires de son mari décédé en 1971.

  • Journaliste: Lison Méric