Prix Goncourt

Corinna Bille en 1974

En 1975, l'Académie Goncourt attribue à Corinna Bille son Prix de la nouvelle pour son recueil La demoiselle sauvage. L'écrivaine valaisanne raconte son étonnement en apprenant cette nouvelle. Etre accueillie par la France lui procure une grande joie. De plus, son rêve d'être un jour éditée par Gallimard se réalise dans la même foulée, puisque suite au Goncourt, Gallimard réédite en trois jours son recueil de nouvelles, en coédition avec Bertil Galland. Ironie de l'histoire: Bernard Grasset avait refusé une telle coédition à Bertil Galland.

Cette récompense lui donne l'occasion de retracer son parcours littéraire en compagnie du journaliste Jacques Bofford.

Le premier Prix Goncourt de la nouvelle avait été décerné en 1974 à Daniel Boulanger pour Fouette, cocher !

(Source photo: TSR 1974)

Corinna Bille naît en 1912 à Lausanne. Fille du peintre
Edmond Bille et de Catherine Tapparel, elle épouse le poète valaisan Maurice
Chappaz, avec qui elle aura eu trois enfants.

Corinna Bille passe la majeure partie de son enfance en Valais, région qui
va fortement influencer son œuvre. Après un séjour à Paris (1934-1936), elle
publie son premier recueil de poèmes Printemps en 1939 et son premier
chef-d'œuvre romanesque Théoda en 1944, qui sera suivi du Sabot de
Vénus
en 1952 et de plusieurs recueils de nouvelles.

Ces écrits, empreints de réalisme, restituent l'âpreté de la vie
montagnarde, les parfums de la végétation et les passions sourdes. C'est avec La
demoiselle sauvage
en 1974 que son talent est reconnu à l'étranger.
L'écriture l'emporte, toujours plus impérieuse, plus féconde, avec un emploi du
rêve, systématique dès 1973, livrant une thématique de l'errance, un érotisme
candide, la confusion entre les règnes végétal et animal et la quête de l'unité
paradisiaque, non sans cruauté ni humour, dans Deux passions de 1979
notamment. Elle s'éteint à Sierre en 1979.

  • Journaliste: Jacques Bofford