Alain Resnais

Alain Resnais en 1966.

En septembre 1989, Michel Boujut demande  dans L'Evénement du jeudi s'il "faut révérer Resnais". Exigence, rigueur, intellectualisme, ces mots reviennent dans la bouche des professionnels interrogés à propos du cinéaste Alain Resnais. Mais qu'importent les réponses, le simple fait que la question soit posée montre bien la place toute particulière qu'occupe le réalisateur dans le paysage cinématographique français.

Arrivé dans le métier par le biais du documentaire, il réalise en 1959 son premier long métrage de fiction: Hiroshima mon amour sur un scénario de Marguerite Duras. Pour lui, il s'agit d'un "ciné-roman" qu'il souhaite réaliser comme une lecture. Cette collaboration littéraire ouvrira la voie à d'autres: Alain Robbe-Grillet, Jean Cayrol (avec lequel il avait déjà travaillé pour le bouleversant "Nuit et brouillard") et Jorge Semprun feront partie des films suivants.

En 1959, Alain Resnais répond au journaliste Jean-Jacques Duchâteau dans l'émission Cinémagazine.

(Source photo: TSR 1966)

Né le 3 juin 1922 à Vannes, Alain Resnais a tourné ses premiers courts métrages à l'âge de 14 ans. C'est à partir des années 50 que son oeuvre atteint le grand public: Nuit et Brouillard (1956), Hiroshima mon amour (1959), L'Année dernière à Marienbad (1961) forgent sa réputation de réalisateur exigent et rigoureux. Il connaît un passage à vide au début des années 70. En sélection officielle au Festival de Cannes 1974, son film Stavisky est très mal accueilli.

En 1980 Mon oncle d'Amérique, inspiré par les travaux du neurobiologiste Henri Laborit fait débat au sein de la communauté scientifique. Ses films suivants connaîtrons des succès d'estime, mais c'est On connaît la chanson en 1997, couronné par une pluie de Césars, qui lui procure la reconnaissance du grand public. En 2012 il présente son film Vous n'avez encore rien vu dans la sélection officielle du Festival de Cannes.

  • Journaliste: Jean-Jacques Duchâteau