Modifié le 26 septembre 2019 à 11:45

Au fil du temps, le barrage de Verbois

Les installations hydroélectriques de Verbois à Genève en 2017.
Les installations hydroélectriques de Verbois à Genève. [ - RTS]
Les Services industriels de Genève fêtent les 75 ans de l'ouvrage hydroélectrique de Verbois installé sur le Rhône. Inaugurée en 1944, cette centrale, la plus importante du canton, est exploitée au fil de l'eau et assure aujourd'hui 15% de la consommation électrique genevoise. Les SIG tentent de concilier l'exploitation du barrage et la préservation de l'environnement naturel.

Construit pendant la guerre

Une longue réflexion a présidé à la construction du barrage de Verbois sur le Rhône: c'est au début du 20e siècle que naît l'idée de bâtir une nouvelle centrale hydroélectrique pour répondre à l'augmentation des besoins en électricité de Genève qui dispose alors des ouvrages de la Coulouvrenière, de Chèvres et de Chancy-Pougny. Le projet de construction ne sera pourtant avalisé qu'en 1937, les travaux débutent en 1938, comme en témoignent ces images d'archives reprises par le Journal romand à l'occasion des 50 ans du barrage.

La construction
Journal romand - Publié le 24 août 1994

En pleine guerre mondiale, le 2 juin 1944, les installations de Verbois qui ont coûté 53 millions de francs sont inaugurées en grandes pompes, en présence du Général Henri Guisan et du président de la Confédération Walter Stämpfli. Un discours officiel prononcé à cette occasion et transmis à la radio met en évidence les circonstances particulières du moment et l'importance de l'équipement hydroélectrique nécessaire à la Suisse.

Le Général Guisan lors de l'inauguration du barrage de Verbois en 1944.
DR
Emission sans nom - Publié le 02 juin 1944

Une usine au fil de l'eau

Comment fonctionne une centrale hydroélectrique à basse chute? Dans un dossier consacré à l'énergie en Suisse en 1970, l'émission Vie et métier présente les installations de l'usine de Verbois à l'aide d'un plan et d'une maquette. Une chute de 20 mètres, un débit maximum de 1400 m3/s, 4 turbines Kaplan de 31'500 chevaux chacune, voilà de quoi assurer la moitié de la consommation en électricité de Genève à cette époque.

Une centrale à basse chute
Vie et métier - Publié le 12 novembre 1970

Un projet de centrale nucléaire

L'eau du Rhône pour refroidir le réacteur, les installations de l'usine hydroélectrique pour la distribution de l'électricité produite: le site de Verbois paraît tout indiqué pour la construction d'une centrale nucléaire devenue nécessaire pour faire face à la hausse de la consommation électrique. Malgré la proximité de l'aéroport et celle de la ville de Genève...

Une centrale nucléaire à Verbois?
Dimensions - Publié le 15 janvier 1973

A la suite de la mobilisation d'opposants qui créent des associations pour lutter contre l'idée d'une centrale nucléaire à Verbois, ce projet sera abandonné.

Un incendie

Catastrophe en 1996: la centrale hydroélectrique qui fournit alors un quart de l'électricité de Genève est mise hors service par un violent incendie. Les dégâts se montent à 100 millions de francs, l'usine devra être fermée durant une année causant un préjudice supplémentaire en terme de perte de production.

Incendie à Verbois
Le Téléjournal - Publié le 09 février 1996

La vidange de la retenue de Verbois en 2012. La vidange de la retenue de Verbois en 2012. [RTS]

La vidange de la retenue

Environ 700'000 m3/an, ce sont les sédiments que l'Arve, affluent du Rhône, transporte et qui s'accumulent dans la retenue de Verbois. Pour éviter un comblement du barrage susceptible de causer des inondations de certains quartiers de la ville de Genève, les Services industriels genevois (SIG) ont organisé entre 1945 et 2003 des vidanges triennales qui ne sont pas sans impact sur l'environnement. En 1997, on tente de préserver les poissons de manière assez insolite.

La chasse de Verbois
Le Téléjournal - Publié le 31 mai 1997

En 2012 a eu lieu la dernière très importante chasse du Rhône mettant à mal les berges du fleuve et ses habitants à plumes et à écailles.

Par une optimisation de la passe à poissons près du barrage, l'installation de roselières et d'îles pour les oiseaux sur le cours du Rhône ainsi que par le développement de réserves naturelles, les SIG cherchent à compenser les dégâts causés par la gestion du barrage: quelques images d'un Rhône sauvage proposées par Passe-moi les jumelles en 2018.

Un Rhône sauvage
Passe-moi les jumelles - Publié le 31 août 2018

Marielle Rezzonico pour les archives de la RTS

Publié le 25 septembre 2019 à 00:00 - Modifié le 26 septembre 2019 à 11:45