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Festina : à l'insu de leur plein gré

Introduction

En juillet 1998, le Tour de France est le théâtre de l'un des plus gros scandales de dopage sportif. Le 8 juillet, avant même le départ de la Grande Boucle, le soigneur de l'équipe Festina Willy Voet est arrêté par les douaniers français après le passage de la frontière belge. A l'intérieur de sa voiture aux couleurs de Festina, la police va trouver des centaines d'ampoules contenant de l'EPO, des amphétamines, des hormones de croissance et de la testostérone. C'est le premier domino qui tombe, entraînant dans sa chute une équipe, des coureurs et tout un système de dopage organisé et médicalisé à grande échelle. Suite à cette affaire, le CIO et les milieux sportifs décident de créer l'Agence mondiale antidopage (AMA) pour tenter de mettre fin au fléau du dopage qui gangrène le sport de haut de niveau.

Chapitre 01

Les stars

Eté 1998, le monde sportif français est euphorique: les Bleus viennent de remporter la Coupe du monde de football et l'équipe cycliste française Festina se profile comme la favorite du Tour de France. Avec son grimpeur vedette Richard Virenque et son armada suisse: Laurent Dufaux, Alex Zuelle, Armin Meier ou encore Bruno Boscardin.

Richard Virenque et Christophe Moreau de l'équipe Festina.
Richard Virenque et Christophe Moreau de l'équipe Festina. [RTS]

Le suisse Alex Zuelle, de l'équipe Festina, 1998.
Le suisse Alex Zuelle, de l'équipe Festina, 1998. [RTS - RTS]

Lors du Tour de Romandie 1998, le coureur cycliste vaudois Laurent Dufaux remporte le classement général devant Alex Zuelle. Une victoire prometteuse qui augure de bon résultats pour le Tour de France qui doit débuter deux mois plus tard.

Laurent Dufaux au temps de la gloire.
Le Téléjournal - Publié le 02 mai 2015

Chapitre 02

L'arrestation

Willy Voet, le soigneur de l'équipe Festina, est arrêté avec un nouveau produit dopant, de l'hormone érythropoïétine, mieux connue sous le nom d'EPO. Le professeur Michel Lesky explique les effets secondaires de cette substance permettant d'améliorer les performances des cyclistes.

Le professeur Michel Leski explique les effets secondaires du dopage.
Le Téléjournal - Publié le 11 juillet 1998

L'avocat genevois de 4 coureurs Festina déclare que ses clients vont témoigner dans le cadre du procès qui se tient à Lyon. Entendus par la justice comme témoins, les coureurs ne sont pas considérés comme trafiquants de produits prohibés mais comme des simples consommateurs.

L'avocat des coureurs
Le Téléjournal - Publié le 22 juillet 1998

9 coureurs de l'équipe Festina doivent subir des prélèvements et des analyses. L'avocat de Richard Virenque, Gilbert Collard, dénonce l'hypocrisie de la justice. Selon lui, le procès cacherait une volonté de faire tomber le favori du Tour de France plutôt que d'éradiquer le dopage sportif.

Garde à vue
Le Téléjournal - Publié le 23 juillet 1998

L'horloger Festina se retrouve au coeur de la tourmente. Au début du mois de juillet, avant le procès, le directeur de Festina Suisse évoque un coup monté et apporte tout son soutien à l'équipe cycliste. Il admet tout de même qu'en cas de dopage avéré, Festina retirera son sponsoring.

Le directeur de Festina
Le Téléjournal - Publié le 15 juillet 1998

Chapitre 03

Le dépistage

Les moyens de déceler les substances dopantes sont souvent en retard sur les méthodes de dopage. Le Laboratoire suisse d'analyse du dopage à Lausanne (LAD) recherche la présence de substances prohibées dans des échantillons de cheveux plutôt que dans le sang. Une méthode inédite en 1998.

Flacons d'urine dans le cadre d'un contrôle anti-dopage.
Le Téléjournal - Publié le 24 juillet 1998

Chapitre 04

Les aveux

Laurent Brochard, Christophe Moreau et le Suisse Armin Meier finissent par passer aux aveux et admettent s'être dopés, notamment à l'EPO. Armin Meier évoque les conditions de sa détention et les prélèvements effectués pour confondre les sportifs. Les champions d'hier ne semblent pas comprendre pourquoi ils sont soudain traités comme des criminels.

Le coureur cycliste Armin Maier au tribunal.
Le Téléjournal - Publié le 24 juillet 1998

Jean-Marc Biver est l'agent de 3 des coureurs suisses de l'équipe Festina Alex Zuelle, Laurent Dufaux et Armin Meier. Ses clients se plaignent d'être des victimes, les boucs émissaires d'un système hypocrite. Entre dopage généralisé, mutisme et manque de solidarité entre les coureurs, les membres de Festina se sentent lâchés par le monde du cyclisme.

Jean-Marc Biver
Le Téléjournal - Publié le 24 juillet 1998

Chapitre 05

La loi du silence

Le coureur cycliste suisse Pascal Richard a tenté d'alerter sur des irrégularités dans le peloton. Il dénonce le manque de solidarité entre les coureurs et la volonté des autorités du cyclisme d'écarter ceux qui brisent le mur du silence.

Pascal Richard
Le Téléjournal - Publié le 30 juillet 1998

Le journaliste sportif de la RTS Bertrand Duboux explique que le dopage dans le cyclisme est connu des journalistes. Mais à défaut de preuves, la presse n'a pas d'autre choix que de suivre la loi du silence imposée par le monde du sport.

Bertrand Duboux
Le Téléjournal - Publié le 16 juillet 1998

Chapitre 06

Boucler la Grande Boucle

A la veille de la dernière étape du Tour, de nombreux coureurs manquent sur la ligne de départ. Outre l'équipe Festina, exclue de la compétition, certains cyclistes renoncent à finir l'épreuve. Peur des contrôles anti-dopage ou vrai sentiment d'injustice, les sentiments sont partagés sur ceux qui déclarent forfait. Sur la ligne d'arrivée de la Grande Boucle à Paris, seuls 96 coureurs se présentent, alors qu'ils étaient 120 au départ...

Les coureurs repartent
Le Téléjournal - Publié le 30 juillet 1998

Crédits

  • Pour les archives de la RTS

    Anne-Isabelle Gomez, Laurent Guignard