"Très jeune, on l'a vu chez Swiss Tennis, Roger avait des capacités physiques au niveau de celles des professionnels, notamment en terme d'élasticité. Un surdoué, simplement, un peu comme Usain Bolt", relève un "insider" romand du tennis suisse et international. Il résume en quelques mots ce qui peut unir les deux énormes champions: la capacité de surprendre et de ressurgir quand on on ne les attend pas ou plus, grâce à une sorte de supériorité naturelle entretenue par le travail et l'instinct.

"Federer n'a besoin que d'un ou deux matches sur gazon pour se régler", vient de rappeler son entraîneur, Severin Lüthi. Ainsi, sa défaite d'entrée de jeu à Stuttgart contre le vétéran Tommy Haas, à mi-juin, ne l'a jamais inquiété. Federer n'est pas un "bourreau" de travail, mais il bosse ce qu'il faut. Sa grande force est de tout capter et assimiler plus vite que les autres.

L'art de tout faire juste

Les spécialistes le constatent: Federer possède cette aptitude rarissime à mêler créativité, fond de jeu et sens de la planification affirmé. Federer, en outre, se réinvente constamment. Il avait imaginé en 2015 le retour de service super-agressif quasiment en demi-volée, baptisé "SABR" par les Américains, il invente aujourd'hui la méthode de l'"intermittent du spectacle" version champion: s'imposer de longues pauses (six mois) en 2016 pour revenir requinqué, au top.

"Il a l'art de faire tout juste", entend-on dans le circuit. L'art aussi, parfois, de faire déjouer l'adversaire. Avec lui, le joueur d'en face ne sait jamais à quoi s'attendre. Son jeu est illisible. En constante évolution. Un créatif organisé. Avec, pour couronner le tout, cette faculté à voir toujours le positif, à mettre son ego de côté quand il n'est pas au top. Sans compter son esprit parfois enfantin et ludique, véritable cure de jouvence. Bref, une espèce rarissime. De celle dont on fait les légendes.

ats/adav