Les espoirs romands reposaient plutôt sur Benjamin Gapany ou Marc Gottofrey. Mais c'est le plus fribourgeois des Vaudois - domicilié à Constantine mais qui lutte pour le club d'Estavayer - qui a effleuré la couronne fédérale tant convoitée. Si la mission romande a échoué, Vincent Roch n'est pas passé loin de devenir le héros de la lutte romande. Avec encore de la sciure sur les paupières, Vincent Roch s'est confié à RTSsport.ch, juste avant la cérémonie de clôture. 

RTSsport.ch: Vincent Roch, vous ratez la couronne fédérale pour un quart de point. On imagine votre frustration...

VINCENT ROCH: Oui, il y a des regrets c'est clair, car ce n'est pas tous les jours qu'on peut gagner une couronne fédérale! Mais je suis quand même satisfait. Avant ce week-end, je n'aurais jamais pensé obtenir un tel résultat. Mais pour la Suisse romande, cela fait quand même ch***....surtout après l'échec d'il y a trois ans. Nous voulions absolument que cela se passe mieux cette année. C'est comme cela, espérons que cela changera dans trois ans (sourires).

RTSsport.ch: Vous auriez pu prétendre à une note maximale de 10 lors de votre victoire dans la 7e passe (ndlr: il a obtenu 9.75). Ces 0.25 points vous auraient offert une couronne. Etes-vous fâché avec cette décision?

VINCENT ROCH: Le jury ne m'a pas donné 10, alors que beaucoup de monde m'a dit que cela méritait un 10. Ma foi, c'est comme cela. Dans la lutte suisse, on ne doit jamais contester la décision du jury. Pour d'autres passes, j'ai obtenu un 8.75 alors que j'aurais pu avoir 8.50.  Du coup, sur ce quart de point, je n'ai pas spécialement de regret.

RTSsport.ch: Vous disputiez cette année votre seconde Fête fédérale après Berthoud 2013. Qu'est-ce qui a changé en trois ans?

VINCENT ROCH: La préparation a été spéciale pour cette Fête fédérale, sachant qu'elle se disputait à domicile. Il y a trois ans, j'avais 19 ans. J'étais jeune et je manquais encore d'expérience. Pour le moment, je réalise une saison exceptionnelle, la meilleure de ma carrière.

RTSsport.ch: Comment avez-vous vécu ce week-end de Fête fédérale sur le plan personnel ? 

VINCENT ROCH: Je suis passé par tous les états d'âme. Samedi matin, j'étais stressé et un déclic s'est produit avant la première passe. Je me suis complètement relâché et j'ai pu lutter librement. Samedi soir, j'étais aux anges et ce soir encore plus.

RTSsport.ch: Est-ce une fierté de terminer meilleur romand ?

VINCENT ROCH: D'une certaine manière oui. Il y a un peu de fierté mais je sais que si je combats contre certains autres lutteurs romands, je ne gagne pas. Il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte. Etre bon ne suffit pas pour gagner. Ce week-end, tout s'est bien passé pour moi.

Propos recueillis à Payerne par Floriane Galaud - @FlorianeGalaud et Sylvain Bolt - @SylvainBolt