Alors que Lausanne vit un exercice en dents de scie, Dustin Jeffrey fait partie des satisfactions au sein du club vaudois. Le rendement offensif du Canadien est en effet plutôt intéressant. Et ce malgré une perte de vitesse du LHC au niveau des mises en jeu, où l'attaquant excellait en 2016/17.

L'Ontarien de 29 ans vit sa deuxième saison au bord du Lac Léman, et s'y plaît. "C'était plus confortable, cet été, de ne pas partir dans l'inconnu. Je savais à quoi m'attendre".

L'ancien joueur de Pittsburgh, de Dallas et d'Arizona en NHL, comme tant d'autres, est venu en Suisse afin d'offrir de la stabilité à sa famille.

"Aucun problème suite aux propos d'In-Albon"

RTSsport.ch: Avec 17 assists, vous êtes le deuxième meilleur passeur de la ligue, derrière Andrew Ebbett du CP Berne (18).

DUSTIN JEFFREY: Jusqu'ici, tout se passe bien pour moi cette saison. Je suis fier que le coach me fasse confiance dans toutes les situations de jeu. C'est bien d'avoir autant d'assists. Mais avec 3 buts marqués seulement, je devrais davantage tirer.

RTSsport.ch: Quelle différence voyez-vous entre le coaching de Dan Ratushny, limogé le 11 octobre, et celui d'Yves Sarault?

DUSTIN JEFFREY: Avec Dan, on pratiquait un style offensif. On avait beaucoup de libertés dans son système. Mais du coup, on était vulnérable en défense. Il nous arrivait d'aligner 5 succès, puis d'enchaîner 5 revers. Avec Yves, nous sommes devenus plus constants. On accorde moins de buts. Il montre aussi davantage ses émotions, et cela se reflète dans notre manière de jouer.

RTSsport.ch: Sur Global FM le 2 novembre dernier, après le derby contre Genève, votre coéquipier Loïc In-Albon a évoqué l'état esprit déplorable qui régnerait dans votre équipe. Notamment au niveau du manque de solidarité entre les joueurs. Qu'en est-il?

DUSTIN JEFFREY: A vrai dire, je n'ai pas entendu ce qu'il a dit. Mon français n'est pas assez bon pour me permettre de m'informer dans les médias locaux. Il a parlé à chaud, juste après un match, et ce n'est pas toujours facile. Je ne pense pas qu'il y ait un problème quelconque à cause de cela.    

"Signer ailleurs en cours de saison, c'est un concept bizarre"

RTSsport.ch: Comment jugez-vous Malley 2.0, votre aréna temporaire?

DUSTIN JEFFREY: Je suis positivement surpris. J'adore la glace, elle est même de meilleure qualité que la saison passée. Quand nous gagnons, l'ambiance est excellente. Le bruit que font les gens en tapant des pied dans les gradins est impressionnant. A nous de rendre notre domicile un endroit difficile à appréhender pour les autres clubs.

RTSsport.ch: Votre contrat arrive à échéance en fin de saison. Et la suite?

DUSTIN JEFFREY: J'adorerais rester au LHC. Je sais qu'ici, les joueurs négocient pour leur avenir en cours de saison, et qu'ils s'entendent avec des équipes qu'ils affrontent ensuite pendant encore plusieurs mois. C'est un concept bizarre. Je préfère me concentrer sur mon jeu et sur la saison en cours, pas sur le reste. Si on me contacte, tant mieux. Mes performances décideront de mon avenir.      

"Les stars m'ont bien traité à Pittsburgh"

RTSsport.ch: En Amérique du Nord, vous avez souvent fait l'ascenseur entre la NHL et l'AHL. Quel regard portent les stars de NHL sur des joueurs comme vous?

DUSTIN JEFFREY: A Pittsburgh, Evgeni Malkin et Sidney Crosby étaient plus ou moins dans la même tranche d'âge que moi. Donc nous nous entendions bien. Ils savaient bien par quoi je passais, et m'ont toujours bien traité. Je les respecte énormément.

RTSsport.ch: Vous avez aussi pu côtoyer le légendaire Mario Lemieux, propriétaire des Penguins.

DUSTIN JEFFREY: C'était spécial de rencontrer l'une des mes idoles d'enfance. Il reste toujours discret. Il laisse le coach et le manager faire leur job.

 

RTSsport.ch: A la Karjala Cup, l'équipe du Canada a en majorité misé sur des joueurs de KHL. Espérez-vous tout de même être convoqué pour les Jeux de PyeongChang?

DUSTIN JEFFREY: Oui. Mais je dois me concentrer sur le LHC jusqu'à la Coupe Spengler, le prochain tournoi où mon équipe nationale sera rassemblée. Je n'ai pas eu de contact avec la sélection depuis notre victoire à Davos l'an passé. On verra bien.

Propos recueillis par Michaël Taillard