Sa tignasse blonde débordant de son casque avait marqué les esprits autant que ses passes ébouriffantes lors du dernier "lock-out" de la NHL en 2004/05. Comble du bonheur pour le public suisse, Joe Thornton est revenu à Davos, en compagnie de son compère Rick Nash.

Choix on ne peut plus logique pour "Big Joe" (33 ans). Car le HCD est devenu sa deuxième famille, après le titre de champion suisse gagné il y a sept ans. Et comme le géant de 1m93 avait même trouvé l'amour dans les Grisons...

Le centre canadien, habituel capitaine des San Jose Sharks lorsqu'on daigne jouer en NHL, s'est confié à RTSsport.ch.

"Je m'installerai peut-être en Suisse"

RTSsport.ch: Depuis le lock-out de 2004/05, la Suisse est devenue votre deuxième patrie!

JOE THORNTON: Oui, j'adore y séjourner. J'ai épousé une Suissesse, et sa famille habite ici. On passe donc plusieurs semaines par an à Davos. Je m'y prépare d'ailleurs d'habitude pour les saisons de NHL sous les ordres d'Arno Del Curto. J'adore ce pays.

RTSsport.ch: Envisagez-vous de vous installer en Helvétie à la fin de votre carrière?

JOE THORNTON: Peut-être... Il me reste encore quelques saisons à jouer, je l'espère, alors je ne pense pas encore tellement à mon après-carrière. Mais cela fait partie des possibilités. On l'envisage en tout cas avec ma femme.

RTSsport.ch: En quelque sorte, la Suisse a permis de bien lancer votre carrière, car vous avez été sacré champion du monde M20 à Genève avec le Canada en 1997.

"Big Joe" est sans doute le meilleur passeur du monde. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]Bigjoe2 [Salvatore Di Nolfi - Keystone]JOE THORNTON: Oui, c'est vrai! J'étais un ado de 17 ans, et c'était une étape très importante dans mon développement sportif. Je jouais aux côtés de Christian Dubé (réd: aujourd'hui à Fribourg-Gottéron). Il était notre meilleur joueur. A l'époque, il évoluait en NHL. Les New York Rangers nous l'avaient prêté pour la durée du tournoi. Il était l'une des raisons majeures pour lesquelles nous avions remporté la médaille d'or.

RTSsport.ch: Vous avez ensuite été repêché au 1er rang de la draft 1997 par Boston, mais dans la foulée, votre première saison en NHL fut laborieuse (7 points en 55 matches). Vous aviez peu de temps de jeu. Une situation similaire à celle de Nino Niederreiter aux New York Islanders (no5 de la draft 2010, 55 parties/1 but en 2011/12).

JOE THORNTON: En NHL, en tant que jeune joueur, tu dois passer par une phase d'apprentissage. Tu dois te faire au style de jeu qui y est pratiqué. Je connais un peu Nino pour m'être entraîné avec lui à Davos à plusieurs reprises. Il deviendra un très bon joueur. Il doit juste garder confiance en lui .

"Les Jeux de Vancouver? Difficile de faire mieux"

RTSsport.ch: Vous n'avez jamais gagné la Coupe Stanley en NHL, mais votre carrière est tout de même impressionnante. Quel est est votre meilleur souvenir?

Thornton laisse éclater sa joie après la fin de la finale des JO 2010 face aux USA. [Julie Jacobson - Keystone]Thornton laisse éclater sa joie après la fin de la finale des JO 2010 face aux USA. [Julie Jacobson - Keystone]JOE THORNTON: Les Jeux olympiques de Vancouver 2010. Une superbe expérience. Quand tu as grandi au Canada, c'est un rêve de pouvoir jouer devant ton public et de remporter le titre. Il me sera difficile de faire mieux!

RTSsport.ch: A Davos, la ligne que vous formez avec Rick Nash et Petr Sykora ferait partie des meilleures aussi en NHL!

JOE THORNTON: En effet, c'est un bon trio. On s'entend bien, et on essaie d'aider l'équipe autant qu'on peut.

RTSsport.ch: En 2004, vous aviez eu des propos assez durs au début au sujet du niveau de la LNA, similaire pour vous à l'époque à la East Coast Hockey League, une ligue mineure nord-américaine.

JOE THORNTON: Oui (gêné). La LNA est un très bon championnat, qui n'a rien à envier aux autres ligues de haut niveau.

RTSsport.ch: La saison 2012/13 de la NHL aura-t-elle lieu?

JOE THORNTON: Aucune idée, vraiment. En 2004/05, on a pensé 2-3 fois que tout allait s'arranger, puis on est resté toute la saison. Avec Rick Nash, on restera à Davos jusqu'à ce que nos employeurs en NHL disent le contraire.

Propos recueillis par Michaël Taillard