Bob Hartley est l'une des plus intéressantes personnalités de la LNA. Coach reconnu en Amérique du Nord, l'Ontarien francophone de 51 ans a pris les rênes de Zurich cet été. Afin de redonner du lustre aux Lions, sortis en quarts de finale par le rival Kloten au printemps.


Rompu aux médias -il tient des chroniques dans des journaux québécois-, élégant et un visage d'éternel jeune premier à la clé, il a tout pour plaire.


Après un début de saison hésitant, son équipe semble enfin retrouver des couleurs. Même si cela semble normal au vu de l'effectif zurichois, la méthode Hartley a aussi apporté ses fruits.


Colorado, une équipe "parfaite"

Le plus grand fait d'armes de Bob Hartley? D'avoir remporté le Graal en 2001 à la tête des Colorado Avalanche et de sa pléiade d'étoiles de la NHL, pardi.


Hartley entouré de ses vedettes des Colorado Avalanche (Bourque, Roy et Sakic, de gauche à droite) en 2001. [Gary Hershorn - Reuters]Hartley entouré de ses vedettes des Colorado Avalanche (Bourque, Roy et Sakic, de gauche à droite) en 2001. [Gary Hershorn - Reuters]"C'était le club le plus facile à diriger de ma carrière. On trace souvent un parallèle entre le salaire du joueur et le degré de difficulté à le gérer. Mais ce n'était pas du tout le cas au Colorado, se souvient-il. Les Rob Blake, Patrick Roy, Ray Bourque et autre Joe Sakic étaient tous de chics types".


"C'était une équipe qui n'avait aucun défaut, ajoute-t-il. On avait un bon mélange de vétérans et de jeunes, et tout le monde acceptait son rôle".


Admirateur de David Aebischer

Bob Hartley est surtout le premier entraîneur à avoir donné sa chance sur le long terme à un Suisse en NHL. Lors de cette saison 2000/01, il lançait en effet David Aebischer dans le grand bain.


Et le gardien fribourgeois le lui avait bien rendu, signant 12 victoires en tant que "rookie" et apportant sa pierre à la conquête de la Coupe Stanley.


"J'ai beaucoup d'admiration pour David, dit son ex-coach. Il formait un excellent tandem avec Patrick Roy. S'il est capable de rejouer en NHL avec Winnipeg? Oui, car quand il relève un défi, il met tout en oeuvre pour parvenir à ses fins. C'est un gros travailleur".


Aidé par ses anciens joueurs

Le monde du hockey professionnel nord-américain vivant à l'intérieur d'une bulle, certains entraîneurs nés outre-Atlantique débarquent en terres inconnues lorsqu'ils arrivent en Suisse. Un peu comme Christophe Colomb en 1492.


Qu'en est-il de Bob Hartley? "Certains de mes anciens joueurs comme David Aebischer, Jean-Pierre Vigier et Serge Aubin m'ont beaucoup aidé. J'avais aussi vu un match de playoff en 2005 à Fribourg, et cela m'a donné une bonne idée à quoi m'attendre", explique-t-il.


Suffisant, vraiment, pour bien connaître la LNA? On pourrait en douter, vu le mauvais début de saison de Zurich...


"Pas déçu du niveau de la LNA"

Bob Hartley étant de plus resté sans emploi depuis son licenciement à Atlanta au début de la saison 2007/08, certains émettaient des doutes. Le Canadien était-il toujours dans le coup? "L'équipe a gardé les cicatrices de la saison passée, ce qui explique ses premiers résultats", se défendait-il à ce sujet dans les colonnes de "La Liberté".


L'adaptation fut-elle donc difficile? "Je ne suis pas déçu du niveau de jeu. Je m'étais fait des attentes très élevées. Et la passion des supporters, dans toutes les villes, m'impressionne beaucoup". Les Lions rugiront-ils à nouveau ce printemps, pour la première fois depuis 2008? A suivre!


Michaël Taillard