Ce souffle de colère s'est également traduit dans les gros titres de la presse locale à l'image du Belfast Telegraph. "Il n'y avait jamais penalty", titre le quotidien en reprenant les propos du malheureux Corry Evans. "Ref Justice" ou "Justice de l'arbitre", s'agace le Daily Mirror, alors que le journal News Letter se plaint plus sobrement qu'un "penalty douteux laisse l'Irlande du Nord face à une montagne suisse à escalader".

Football, barrages, Irlande du Nord - Suisse (0-1) Rodriguez sur penalty 58e [RTS]Football, barrages, Irlande du Nord - Suisse (0-1) Rodriguez sur penalty 58e / Football - Coupe du Monde / 02:28 / le 9 novembre 2017 

A l'origine de ces bourrasques, la scène litigieuse de la 58e minute qui a décidé du sort de ce premier duel. A la réception d'une passe à mi-hauteur, Xherdan Shaqiri tente une reprise de volée de 18 mètres. La balle heurte l'arrière de l'épaule de Corry Evans.

L'arbitre roumain Monsieur Ovidiu Hategan désigne le point de penalty. Ricardo Rodriguez le transforme et inscrit le seul but de la rencontre. La polémique est là, dans la mesure où la faute de main paraît inexistante ou a minima très douteuse en observant les images de cette phase de jeu. Cette décision de l'arbitre a également enflammé la toile et suscité nombre de réactions sur les réseaux sociaux.


 

Tourné en dérision par des photomontages, l'officiel de 37 ans a essuyé de plein fouet le vent de la colère nord-irlandaise. Sa page wikipédia a ainsi été modifiée par des membres de la GAWA (Green and White Army), qui ont annoncé sa mort le 9 novembre 2017 à Belfast. L'arbitre a également été raillé pour une autre décision jugée litigieuse, à savoir le carton jaune sur Fabian Schär après 5 minutes pour un tacle qui aurait pu valoir une expulsion.

La sélection de Vladimir Petkovic a assurément bénéficié d'un coup de pouce du destin par le biais des choix discutables de Monsieur Hategan. Mais cette chance-là ne doit pas occulter ce qu'elle a montré au Windsor Park.

L'équipe a fait le match qu'il fallait.

Fernandes
 

"Nous avons été relativement sérieux et très peu mis en danger", résume Gelson Fernandes. "Tout le monde a répondu présent. L'équipe a été consciente de l'importance de l'événement et elle a fait le match qu'il fallait". En regard de la physionomie de la partie, il est difficile de donner tort au milieu valaisan de Francfort. La Suisse a certes vu sa tâche être grandement facilitée, mais elle a réussi une performance solide.

Reste à savoir dans quelle mesure l'esprit de revanche qui animera assurément la Norn Iron lui permettra d'inquiéter dimanche l'équipe de Suisse si celle-ci se montre tout aussi appliquée dans la chaude ambiance du Parc St-Jacques.

 

Belfast, Ludovic Perruchoud - @LPerruchoud