RTSsport.ch: La Suisse caracole en tête de son groupe de qualification en ayant déjà affronté une fois le Portugal et la Hongrie. Quels enseignements tirez-vous des 4 premiers matches?

VLADIMIR PETKOVIC: Ce que que je retiens de manière plus générale est que j'ai déjà le regard porté sur la prochaine partie. C'est ça le plus important. Il faudra bien l'aborder car nous voulons les 3 points. Puis ce sera le même processus pour le match suivant.  

Nous sommes maîtres de la situation

Vladimir Petkovic
 

RTSsport.ch: En vue de la configuration du groupe et des équipes, tout le monde s'attend à une "finale" Portugal-Suisse. Mais le chemin est encore long. Quels sont les écueils à éviter face aux équipes réputées plus faibles?

VLADIMIR PETKOVIC: On a démontré, contre des équipes dites plus fortes, et d'autres, que vous qualifiez de plus faibles, que nous sommes en mesure de lutter et de battre quiconque dans ce groupe de qualification. Nos niveaux d'implication et de concentration doivent être les mêmes quel que soit l'adversaire. Chaque opposant joue avec ses qualités. Nous l'avons vu contre des équipes comme le Portugal ou Andorre que rien n'est simple.

Nous devons convaincre à chaque rencontre. Je suis satisfait de la situation actuelle car nous sommes maîtres de la situation. Il faut que cela reste ainsi jusqu'à la fin des qualifications.

RTSsport.ch: Et en particulier face à la Lettonie?

VLADIMIR PETKOVIC: Tout le monde s'imagine déjà une victoire suisse. La réalité est que c'est un adversaire peu commode. Nous devrons démontrer le jour J que nous sommes les meilleurs sur le terrain.

L'équipe de Suisse est à tous

Vladimir Petkovic

RTSsport.ch: La Suisse n'avait plus joué au Stade de Genève depuis le 28 mai 2016 (contre la Belgique en amical). Quelle est l'importance de jouer en Romandie pour vous?

VLADIMIR PETKOVIC: Depuis mon arrivée à la tête de l'équipe de Suisse, nous avons joué à Bâle, St-Gall, Lucerne, Zurich, Thoune, Lugano, Genève... L'équipe de Suisse est à tous. Nous avons toujours été bien reçus. A Genève, nous avions joué devant 20'000 spectateurs. Cela me fait plaisir que l'équipe de Suisse attire du monde où qu'elle joue. 

RTSsport.ch: La Suisse se rendra ensuite aux Iles Féroé. Les précédents résultats là-bas: 0-1 le 2 juin 2001 et 1-3 le 4 juin 2005. A quel type de match vous attendez-vous ? Un bus devant le but?

VLADIMIR PETKOVIC: Sincèrement, je ne regarde pas au-delà du match contre la Lettonie. Toute ma concentration se porte là-dessus. Il y a plus de 2 mois entre le match contre la Lettonie et notre déplacement aux Iles Féroé.

RTSsport.ch: Justement dans ce type de match, la Suisse manque peut-être de tranchant offensif. On évoque souvent le manque d'efficacité des attaquants suisses...

VLADIMIR PETKOVIC: Je ne partage pas cet avis car nous avons marqué suffisamment pour gagner toutes les parties. Les occasions étaient là et je m'en réjouis. Je n'attends pas simplement des attaquants mais de tous que nous soyons encore plus efficaces dans le dernier geste.

Je ne vais pas laisser tomber les joueurs qui pourraient être actuellement en difficultés dans leurs clubs respectifs

Vladimir Petkovic
 

RTSsport.ch: Depuis le début de l'année, les joueurs offensifs titularisés régulièrement et marquant tout aussi régulièrement sont rares. Etes-vous inquiet?

VLADIMIR PETKOVIC: Actuellement, notre seule certitude se situe dans les buts et au milieu de terrain. Nous sommes très bien fournis dans ces 2 secteurs. En attaque et dans l'axe de la défense, certains joueurs manquent actuellement de temps de jeu. Je miserai sur ceux qui ont beaucoup donné à l'équipe nationale et ceux qui sont méritants. Je ne vais pas laisser tomber les joueurs qui pourraient être actuellement en difficultés dans leurs clubs respectifs.

En l'état, il n'est pas question de prendre des décisions fortes

Vladimir Petkovic
 

RTSsport.ch: On parle souvent de patte, de signature pour un coach. Quelle est la vôtre?

VLADIMIR PETKOVIC: Je veux une équipe proactive, agressive et offensive, sans oublier évidemment l'aspect défensif. Mon rôle est de trouver le bon équilibre, de convoquer les meilleurs joueurs possibles et de leur donner les moyens de mettre en valeur leurs qualités.

RTSsport.ch: Comment réussissez-vous à maintenir l'unité ou plutôt à créer un réel esprit de corps dans un vestiaire?

VLADIMIR PETKOVIC: C'est un processus qui dure depuis 3 ans et demi maintenant. A nous de le consolider lors de chacun de nos camps et rencontres. Cela devient aussi plus facile lorsque les victoires suivent. La joie et les sourires des joueurs sont un accélérateur dans ce sens.

RTSsport.ch: Depuis votre début de mandat à la tête de l'équipe de Suisse, vous avez sélectionné 36 joueurs et instauré un esprit de concurrence. Vous avez également opéré des choix forts comme la non-sélection de Gökhan Inler depuis le début de la campagne à la Coupe du monde 2018. Pourriez-vous prendre d'autres décisions de ce genre?

VLADIMIR PETKOVIC: Si cela permet d'améliorer l'équipe, je n'hésiterai pas. Mais en l'état, il n'est pas question de prendre des décisions fortes.

 

Propos recueillis par Miguel Bao/lper - @migbao/@LPerruchoud