La Suisse tient tête à l'Espagne
Pierluigi Tami avait basé son discours d'avant-match sur trois axes: une défense compacte, le courage de jouer et le nécessaire concours de la chance. "Nous avons joué de façon très intelligente, relève-t-il. Il était important que l'équipe voit qu'en restant disciplinée, elle pouvait faire un résultat face à un adversaire contre lequel nous restions sur une défaite en finale de l'Euro 2011 et une autre très nette à l'aller (ndlr: 3-0)."
Les Helvètes ont effectivement érigé un bloc défensif, renforcé encore par les présences dans les couloirs du milieu de terrain par Kasami (plus habitué à évoluer en no 8) et Moubandje, latéral gauche de métier. Une densité qui n'a toutefois pas suffi à totalement museler des Espagnols aussi doués techniquement que prévu et qui ont bénéficié de plusieurs occasions de but très franches.
Nzuzi Toko aurait pu obtenir un penalty lors de son solo de la 32e minute. [LAURENT GILLIERON - Keystone]
Rodrigo touche trois fois du bois
C'est en cela que la Suisse a eu de la chance. Maladresse des Ibères d'un côté et montants bienveillants de l'autre (Rodrigo a vu son lob toucher le poteau, son missile heurter la transversale et sa tête finir sur l'angle des buts de Bürki !). En revanche, elle est en droit de se dire que, dans d'autres circonstances, peut-être face à un autre adversaire, elle aurait aussi pu obtenir un penalty pour un contact léger entre le portier De Gea et Kasami (25e) ou même profiter d'une suppériorité numérique (scène litigieuse entre Bartra et Toko, lequel partait seul au but à la 32e).
Concernant le devoir de prendre ses responsabilités dans le jeu, difficile également de porter un jugement. Sans doute les Suisses - en premier lieu Kasami - étaient animé de ce courage de jouer invoqué par leur entraîneur. Mais difficile de le traduire dans les faits quand on demeure trop souvent dépourvu d'un ballon confisqué par la Rojita. "Nous avons réussi, par moment, mais nous avons manqué de continuité, convient Tami. D'une part y avait-il peut-être un peu de peur, mais d'autre part il y avait une équipe espagnole très forte aussi."
Tami estimait qu'il fallait quatre points pour être du barrage. Avec ce nul contre l'Espagne, le plus dur semble fait. Sauf que l'Estonie avait accroché les Suisses 1-1 lors de la première rencontre de la campagne. "Le plus dur est devant nous", réfute alors Tami en guise de conclusion.
si/fayet