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Teddy Riner n'est pas douillet, il est historique

Teddy Riner a réécrit l'histoire à Paris. [Markus Schreiber - Keystone]
Teddy Riner a réécrit l'histoire à Paris. [Markus Schreiber - Keystone]
En conservant sa couronne dans la catégorie des +100 kg devant son public, le Français Teddy Riner est devenu à 22 ans le seul judoka à avoir remporté cinq titres mondiaux.

Après David Douillet, un autre Français est entré dans l'histoire du judo mondial avec Teddy Riner, devenu le premier judoka à compter cinq titres mondiaux en conservant sa couronne des +100kg, au dernier jour des championnats du monde à Paris.


Déjà sacré chaque année depuis 2007, Riner totalise cinq médailles d'or et dépasse quatre autres champions comptant chacun quatre recompenses mondiales: les Japonais Naoya Ogawa, Yasuhiro Yamashita, Shozo Fujii et le Français David Douillet. Celui-ci a été consacré le 22 août plus grand judoka de l'histoire lors de la cérémonie du 60e anniversaire de la Fédération internationale de judo.


Mais Riner, qui n'a que 22 ans, pourrait rejoindre le maître Douillet dans la légende s'il réussit à décrocher le titre olympique, le seul qui lui manque, l'an prochain à Londres.


"Je ne me rends pas énormément compte. Je suis content parce que cela se passe à Paris devant ma famille, mes amis, tous mes partenaires", a confié Riner après sa victoire en finale sur l'Allemand Andreas Toelzer. "C'est particulier, c'est à la maison, avec un public comme j'ai jamais vu et qui m'a porté".


Douillet admiratif

Le Français a remporté ses six combats sur ippon avant la limite et Douillet lui-même s'est dit impressionné par la maîtrise de son cadet. Le ippon est le plus haut score en compétition, qui met fin automatiquement au combat.


"Cela a été (pour lui) une journée exemplaire. Il était en état de grâce où tout lui a réussi. Sur ce cinquième titre, il a touché à la perfection", s'est enthousiasmé Douillet, aujourd'hui secrétaire d'Etat aux Français de l'étranger.


La finale du champion guadeloupéen a constitué un aboutissement dans la science du combat. "Je n'ai pas douter. Je savais ce que j'avais à faire. je savais que Toelzer n'est pas un concurrent facile, qu'il ne fallait pas se précipiter, qu'il fallait attendre et qu'il fallait aussi la jouer tactique", a expliqué Riner.


"Pas de limites"

Après un peu plus de trois minutes de combat, Riner a senti l'ouverture et s'est engouffré dedans avec un sens de l'opportunisme qu'il a manifesté toute la journée et qui a emballé la délégation française.


"C'est la façon dont il a gagné le titre qui m'a plu. Il a gagné avec la manière, la technicité, avec du judo. Il a attaqué dans l'opportunité" a salué René Rambier, directeur technique national du haut niveau à la Fédération française de judo. "Il ne le faisait pas auparavant, ce qui faisait que l'attaque n'était pas toujours bien placée. Il a progressé techniquement et n'a pas de limites. Certains de nos athlètes ont des limites, mais pas lui".


si/hdel


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