La gymnastique, Patricia Hediger est tombée dedans depuis toute petite. Depuis l'âge de 4 ans. Aujourd'hui, elle affiche 52 ans - elle les aura en novembre - et compte pas moins de sept Gymnaestrada à son "palmarès". Et quand on sait que la manifestation se tient tous les 4 ans et qu'elle en a raté une depuis "ses débuts", en 1982 à Zurich, on peut aisément affirmer que c'est un rendez-vous qui lui tient particulièrement à coeur.


Cette édition 2011 peut-être même un peu plus, et ce pour diverses raisons. D'une part parce qu'elle se déroule à Lausanne, pas loin de chez elle, à Bex. "Je dois avouer qu'il y a 4 ans, quand Lausanne a été désignée à Kuala Lumpur, j'étais d'abord un peu déçue, confie la monitrice vaudoise. J'ai à chaque fois aimé découvrir d'autres pays, d'autres cultures,...".


"Pour une fois, tout le monde en parle"

Mais le fait que cette 14e World Gymnaestrada se déroule dans la capitale vaudoise a aussi du bon, comme elle le dit si bien. "Pour une fois, tout le monde en parle, dans toute la région. Avant, ça passait toujours inaperçu!".


Patricia Hediger se promène sur le site de Beaulieu, avec le sac officiel de la délégation helvétique. [Daniel Burkhalter - RTS]Patricia Hediger se promène sur le site de Beaulieu, avec le sac officiel de la délégation helvétique. [Daniel Burkhalter - RTS]Mais ce qui rend cette édition lausannoise encore plus particulière pour Patricia Hediger, c'est que son groupe, le Team Vaud, a été désigné pour représenter la Suisse lors du Gala de la Fédération internationale de Gymnastique (FIG) vendredi. "En fait, j'aurais déjà voulu arrêter bien avant, confie l'épouse de Daniel Hediger, ancien champion de ski nordique aujourd'hui consultant à la RTS. Puis j'ai décidé de rempiler, mais à condition qu'on participe au Gala FIG".


Reste que ne participe pas qui veut à cette soirée, la plus "prestigieuse" de la manifestation. "Il y a trois niveaux de présentations lors d'une Gymnaestrada, explique Patricia Hediger. Il y a les spectacles de halles, que chaque groupe présente trois fois durant la semaine, il y a les soirées des différents pays participants, et il y a le Gala FIG, la consécration".


Le Gala FIG, "c'est la cerise sur le gâteau"

TeamVaud1 [Carlo Magri - Team Vaud]TeamVaud1 [Carlo Magri - Team Vaud]Et n'allez pas croire que le Team Vaud participe à ce Gala FIG parce que c'est la "dernière" de Patricia Hediger. Chaque groupe a en effet dû "postuler" par le biais d'un dossier à remettre à sa fédération nationale, qui a ensuite procédé à une sélection. Au final, la Fédération internationale a dû trancher entre 45 candidatures nationales, sur 55 pays participants. Et seulement 21 projets ont été retenus, représentants 17 nations.


"Tout le monde souhaite participer au Gala FIG, c'est la cerise sur le gâteau", confie Patricia Hediger. "Mais il y a bien des groupes qui ne postulent pas, étant bien conscients que leur niveau n'est pas assez élevé. Le Gala FIG, c'est tout de même l'élite de la gymnastique de masse mondiale!".


Pour la sympathique Bellerine, ce Gala FIG, son premier, sera une sorte de consécration. En même temps qu'une superbe porte de sortie. "Oui oui, cette fois c'est certain, il n'y aura pas d'autres Gymnaestrada pour moi", rigole-t-elle. On verra bien... "Oh mais ça va me faire drôle, je ne vous le cache pas!". "Mais il est temps de laisser ma place", explique-t-elle. "D'autant que mes premières gymnastes sont aujourd'hui entraîneurs à mes côtés!".


Le Team Vaud désigné avec deux autres groupes suisses

Et si l'ambiance de la World Gymaestrada est plutôt à la fête et l'a le plus souvent été pour Patricia Hediger par le passé - "je me souviens qu'à Amsterdam, en 1991, on n'avait pas dormi plus que 2 heures par nuit!" -, cette édition 2011 est plus "sérieuse" pour son Team Vaud, "même si on est surtout là pour se faire plaisir".


TeamVaud7 [Francesco Magri - Team Vaud]TeamVaud7 [Francesco Magri - Team Vaud]Reste que le team vaudois, l'un des 3 groupes suisses (avec Lucerne et Wettingen) choisi pour représenter la Suisse lors du Gala FIG, prend la chose très au sérieux. Car il devra non seulement assurer sa représentation d'environ 6 minutes, mais également assurer les transitions entre les autres groupes internationaux. "Nous servirons en quelque sorte de fil conducteur", explique Patricia Hediger. Il faudra donc assurer. C'est notamment pour y parvenir que les gymnastes vaudois - ils ont 20-25 ans de moyenne d'âge, de 10 à 40 ans -, logés dans une école à Prilly, s'entraînent tous les matins de 7h à 10h30 à Malley.


"Notre chance, c'est que nous sommes dans la même école que les autres groupes participants à ce Gala", rigole Patricia Hediger. "Car il suffit de se retrouver avec un groupe de Brésiliens qui fait la fiesta toutes les nuits et tu arrives à la fin de la semaine complètement mort!". Mais il n'est pas question non plus de s'enfermer dans un cocon. "Non non, pas du tout. On s'éclate au début de la semaine, mais après il faut retrouver un peu de sérieux".


Un accueil fantastique à Dornbirn

TeamVaud6 [Francesco Magri - Team Vaud]TeamVaud6 [Francesco Magri - Team Vaud]Car la Gymnaestrada, c'est surtout ça, une grande fête pendant une semaine. "Il n'y a pas de compétition et l'ambiance est donc géniale entre tous les athlètes", confie Mme Hediger. "Cela permet aussi de voir ce qui se fait ailleurs. En plus, comme il n'y a pas de code de pointage, pas de critère, chaque groupe présente ce qu'il veut. Et je vous promets qu'il y a des trucs de fou! Mais il est clair aussi qu'une fois ta soirée nationale passée - et pour la Suisse c'était lundi déjà -, la pression retombe un peu et chacun en profite un peu pour faire la fête...".


Et si Patricia Hediger prépare son Gala FIG avec le plus grand sérieux, elle n'en oublie pas moins ses excellents souvenirs liés aux diverses Gymnaestrada. "Il y a toujours de très bons moments, même si je me souviens qu'à Lisbonne, en 2003, la nourriture était vraiment catastrophique. A tel point qu'on allait toujours manger hors du site".


Patricia Hediger garde en outre un souvenir lumineux de la dernière édition, à Dornbirn, en Autriche. "C'était juste fantastique. L'accueil des gens était extraordinaire. En Suisse, on est quand même plus froid... Mais j'ai constaté que plus la ville organisatrice était grande, moins l'accueil de la population était sympa. Certaines personnes ne savaient même pas qu'il y avait la Gymaestrada!".


Daniel Burkhalter