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Mondiaux de Londres: Usain Bolt, la rockstar de l'athlétisme

Bolt ne s'attendait certainement pas à une telle fin. [Tim Ireland - Keystone]
Bolt ne s'attendait certainement pas à une telle fin. [Tim Ireland - Keystone]
Une légende de la piste avec l'aura d'une rockstar: Usain Bolt restera dans les annales comme un champion hors norme ayant révolutionné le sprint et l'athlétisme, aussi bien par ses immenses exploits que par une "cool attitude" devenue son image de marque.

Le Jamaïcain a clos sa carrière déjà légendaire sur une blessure samedi à Londres en finale du 4x100m, une crampe alors qu'il était à la lutte pour le titre avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, une semaine après sa dernière course individuelle sur 100m, gâchée par le triomphe de son rival mal aimé Justin Gatlin.

Son compteur est désormais irrémédiablement arrêté à 14 médailles mondiales. Mais les seules évocations de son exceptionnelle carrière et de son palmarès ahurissant ne suffiraient pas à résumer son empreinte sur le monde du sport.

Je n'ai pas le souvenir de quelqu'un qui ait eu un tel impact depuis Mohammed Ali

Sebastian Coe, président de la Fédération internationale d'athlétisme

Il y a d'abord un parcours unique et une domination sans partage sur le sprint durant près de 10 ans: 8 médailles d'or aux JO et 11 titres de champion du monde (un record), agrémentés de 2 chronos prodigieux (9"58 sur 100m, 19"19 sur 200m).

Sur l'Olympe de l'athlétisme, le coureur de 30 ans n'est devancé que par 2 autres géants: le Finlandais Paavo Nurmi, fondeur et crossman dans les années 1920, et l'Américain Carl Lewis, sprinteur et sauteur en longueur de génie à la fin du XXe siècle. Deux monuments que Bolt avait rejoints à Rio, avant de perdre à posteriori son titre sur le relais 4x100m des Jeux 2008 à Pékin, la faute à un contrôle positif rétroactif de l'un de ses équipiers, Nesta Carter.  

afp/bao

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Usain Bolt en quelques tweets




















Le show ne s'est jamais limité aux courses

Bolt a crevé l'écran grâce à sa décontraction, son éternel sourire et son sens du spectacle, dans une discipline longtemps marquée par les postures intimidantes de coureurs roulant des mécaniques avant le départ. Une joie de vivre et une fraîcheur renforcées par un physique singulier chez les sprinteurs (1m96 m, 94 kg), à mille lieux des physiques trapus habituellement en vogue.

Avec Bolt, le show ne s'est jamais limité aux courses. Le Jamaïcain, avec sa bouille et sa bonne humeur, a cassé tous les codes en vigueur dans le milieu de l'athlétisme. En témoignent cette samba improvisée en fin de conférence de presse avec des danseuses brésiliennes avant le début des épreuves à Rio et son désormais célébrissime signe de l'Eclair. Ou encore ce lancer de javelot en pleine nuit dans un stade olympique vide, quelques heures après sa 3e médaille d'or brésilienne. Juste pour le fun.

Il est même apparu à Rio comme le sauveur de l'athlétisme gangrené par les affaires de dopage et de corruption. Face à Justin Gatlin, ressuscité et revenu soudainement au premier plan après une suspension, Bolt, ce géant au CV sans tâche et déjà au-dessus du lot chez les juniors, devait sauvegarder la crédibilité de son sport. En terrassant l'Américain, il s'était mué en superhéros, renforçant encore un peu plus sa légende. Sa défaite, face au même Gatlin samedi à Londres, ne le rend finalement que plus humain.