"C'était comme une euphorie, c'était simple, ça me rapportait rapidement de l'argent et j'ai cru que c'était sans conséquences" se souvient Léa.
Aujourd'hui son constat est plus nuancé. Son regard sur les hommes a changé, elle se découvre dure et en manque de désir. Elle rêve d'arrêter, de ne plus faire paraître l'annonce quotidienne pour son massage érotique et de redevenir mère au foyer.
Ses droits? Il lui semble en avoir aucun. Comment se déroule la journée d'une prostituée ordinaire? Qu'est-ce qui se cache derrière les oeillades et les rires de séduction? Comment se protéger de l'abîme de la solitude?
Léa est l'une des 2'700 prostituées enregistrées à Genève. Son activité est légale et surveillée par un règlement communal. Depuis le mois de mai de cette année une loi cantonale est entrée en vigueur et suppose un certain nombre de changements dans la vie des travailleurs et travailleuses du sexe. Conçue pour protéger les hommes et les femmes qui se prostituent, cette loi n'en a pas moins créé toute une série de craintes nouvelles dans le milieu.
Quel est le statut d'une prostituée en Suisse? Pourquoi le canton de Genève vient-il de légiférer et qu'est-ce que cela change au quotidien? Pourquoi les cantons romands sont-ils les seuls à se doter de lois sur la prostitution?
Invités
Marie-Jo Glardon, ancienne coordinatrice d'Aspasie, et Christoph Jakob, juriste, membre du comité d'Aspasie.