Les incidents se sont multipliés depuis une semaine dans les provinces haïtiennes. Mitraillage de la caravane électorale du candidat du pouvoir, échanges de coups de feu entre supporters des différents partis, intimidations, rumeurs et accusations en tous genres. Dans les rues, sur l'esplanade des marchés et les camps des sinistrés du tremblement de terre du 12 janvier 2010, la colère gronde contre l’actuel gouvernement, critiqué pour sa gestion catastrophique de l’après-séisme et l'attentisme face à l’épidémie de choléra. On dénombre plus de 1500 morts et 60'000 malades.
Le 4ème et dernier sondage ne donne pas la victoire à Jude Célestin, le poulain de l’actuel Président Préval, et la population redoute des fraudes massives lors du scrutin de dimanche.
La crainte de l'élection volée
Si le parti au pouvoir annonce sa victoire, en milieu de semaine prochaine, alors qu’aucun candidat ne semble en mesure de l’emporter au 1er tour, la population pourrait réagir violemment si elle sent que l’élection lui a été volée.
15 Minutes vous propose le regard croisé de Frantz Duval, le rédacteur en chef du quotidien "Le Nouvelliste" d’Haiti et de l’écrivain Lyonel Trouillot sur les enjeux de ce scrutin de tous les dangers avec, à la clé, l’avenir de ce pays qui a mis un genou a terre après le séisme de janvier 2010.