Définir l’homme est vain. Un exercice impossible. C’est la philosophe Hannah Arendt qui insiste, "c’est vouloir sauter par-dessus son ombre". Or, il est plus nécessaire que jamais, dans ce chantier qu’est aujourd’hui l’humain, de penser l’homme. Le trouble dans les limites, l’envie ou le besoin de les transgresser imposent un débat collectif pour déterminer non pas quel visage aura l’humain, mais quel visage nous choisissons de lui donner. Rien n’est inéluctable.
Francis Wolff refuse d’adopter le modèle dominant. Il insiste. Il est important de maintenir des frontières entre nature, animal et humain. Il explique: "Les hommes communiquent avec un type de langage qui implique la rationalité". La différence est radicale, car ces capacités humaines sont infinies! Avec pertinence et ténacité, Francis Wolff défend l'idée que la frontière est marquée par le langage et que la rationalité est toujours valable!
Rencontre avec un philosophe qui fait de la résistance.
Biographie
La philosophie antique, le Brésil ou encore la corrida: Francis Wolff additionne les passions. Pour ce philosophe installé dans un bureau de la prestigieuse Ecole normale supérieure à Paris, la tauromachie n’est pas seulement un sujet qui fâche, mais aussi un sujet de pensée. La pensée dominante, il en fait son affaire. Pour ce résistant de la pensée, les grandes définitions philosophiques de l’humain traversent les siècles. Pour l’anecdote biographique, Francis Wolff est né en 1950 à Ivry-sur-Seine. En 1974, il obtient son agrégation de philosophie. Après un parcours prestigieux en France et au Brésil, il enseigne aujourd’hui à l’Ecole normale supérieure. Francis Wolff est également romancier. Il est l’auteur de +Socrate et Dire le monde". Avec son dernier livre, "Notre humanité", il poursuit sa réflexion philosophique sur les spécificités de l’humain.
A lire:
"Notre humanité. D’Aristote aux neurosciences", Editions Fayard, 2011