Le Prix du public de la RTS

Les six livres en compétition

Jeudi, 02 février 2012 à 09:00

Réunis le 1er février 2012 sous la direction de Patrick Ferla, les cinq jurés/auditeurs/trices chargés de la sélection des six ouvrages pour le Prix du Public de la RTS 2012 ont fait leur choix.

 

"Le Roi d'Olten"

Jeudi, 02 février 2012 à 09:00

Alex Capus / Bernard Campiche Editeur

Alex Capus parle de sa ville d’origine, Olten (SO), de la beauté de la gare, du parfum de la fabrique de chocolat, des «gaillards» sauvages et des «méchantes» filles, des braves citoyens et de la folie quotidienne qui nous maintient envie jour après jour.

Une déclaration d’amour du grand narrateur à cette petite ville, étant entendu que de grandes villes comme Zurich ou Berlin ne sont rien d’autre que dix ou cent Olten pris l’un après l’autre.

Alex Capus est né en Basse-Normandie en 196. Fils d’un psychologue parisien et d’une institutrice suisse, il vit ses premières années à Paris, dans l’appartement de son grand-père, collaborateur scientifique à la police judiciaire au Quai des Orfèvres.

En 1967, il déménage à Olten avec sa mère. Étudie l’histoire, la philosophie et l’anthropologie à l’université de Bâle avant de s’orienter vers le journalisme. En 1997, il publie son premier roman, "Munzinger Pascha", qui sera suivi par de nombreux contes et romans, traduits en plus de quinze langues. Il est bilingue, mais écrit en allemand.

"Impasse de la Providence"

Jeudi, 02 février 2012 à 09:00

Shmuel T. Meyer / Gallimard

«Je suis devenu idiot et probablement méchant. Je le savais et je n'en dormais plus la nuit. Jamais, en vingt ans, je n'avais manqué de respect à Dvora. Un mélange de pitié et d'amour prolétaire pour tout ce qui nous unissait. Et tout à coup, cette déveine commune, vieille de vingt ans, me semblait sale, grasse comme une friteuse d'occasion. Ronit Elkabetz sentait bon, même sa transpiration avait un parfum de fraîcheur
Les nouvelles qui composent ce recueil, de taille et tonalité variées, nous promènent dans le petit monde désopilant d'un peuple revenu d'exil et toujours menacé. Changeant avec aisance de registre, du réalisme précis au fantastique moqueur, Shmuel T. Meyer se révèle encore une fois un excellent conteur qui fait vivre ses personnages avec chaleur et vivacité.

Shmuel T. Meyer est né à Paris en 1957. Après des études à Lausanne, Londres et Florence, en 1988 il s’installe dans un kibboutz en Israël puis à Jérusalem. Kibboutznik, journaliste, traducteur, il publie son premier livre,  "Le périmètre de l’étoile", en 2008 aux éditions Gallimard (sélection du prix Wizo 2009) puis, toujours chez Gallimard, "Les Villes n’ont pas de toit" (sélection pour le Prix de la Nouvelle du Scribe – Lauzerte 2010).

"Le Patient du docteur Hirschfeld"

Jeudi, 02 février 2012 à 09:00

Nicolas Verdan / Bernard Campiche Editeur

Mais pourquoi veulent-ils tous mettre la main sur la liste des patients du Dr Hirschfeld ? Peu avant de mettre à sac son prestigieux Institut des sciences sexuelles de Berlin, en 1933, les nazis fouillent le bureau de ce sexologue qui en sait trop sur des hauts dignitaires du Reich. En vain ! Les dossiers comportant notamment le nom de centaines d'homosexuels allemands ont disparu. Vingt-cinq ans plus tard, le Mossad s'intéresse à son tour à cette fameuse liste. Construit à partir de l'histoire réelle de la dramatique fin de carrière du célèbre sexologue, ce roman explore cette tendance propre à toute société humaine à légiférer nos préférences sexuelles, jusqu'à nous assigner une "juste place" sur l'échelle des genres.

Nicolas Verdan est né à Vevey en 1971. Son chemin l’a conduit à plusieurs reprises au Proche-Orient et sa vie se partage entre la Suisse et la Grèce, sa seconde patrie. Prix Bibliomedia Suisse 2006 pour son premier roman, "Le Rendez-vous de Thessalonique", qui a été traduit en grec.

"Un homme ébranlé"

Jeudi, 02 février 2012 à 09:00

Pascale Kramer / Mercure de France

Elle avait imaginé un presque adolescent, c'était encore un garçon dont la lourde tignasse châtain-roux s'arrêtait haut sur la nuque dans une brusquerie bâclée de coups de ciseaux. Il était petit pour onze ans, son ventre précipitamment rentré faisait ressortir des pectoraux joliment grassouillets. La ressemblance avec Claude était cocasse dans cette chair jeune et sensuelle. Simone se demanda si eux pouvaient la voir. Elle se présenta, tenta un sourire, ne sachant pas si on embrasse encore à cet âge. Il y avait quelque chose d'étonnamment doux et adulte dans cette crânerie timide de onze ans. Simone n'en revenait pas de comprendre qu'il était parfaitement résolu à être là.

À cinquante ans, Claude voit dans la maladie qui le frappe une alliée pour s'évader d'un monde en feu pour lequel il a un jour renoncé à se battre. Mais il y a Gaël, ce fils de onze ans qu'il s'est décidé trop tard à rencontrer, Jovana, dont la belle énergie revient le hanter, et sa femme, Simone, spectatrice lucide et glacée face aux tourments d'un homme qu'elle aime encore.

Pascale Kramer est née à Genève en 1961. Elle vit et travaille à Paris depuis 1987. Elle a publié  huit romans dont  "Les Vivants", "L’adieu au Nord" et "L’implacable brutalité du réveil" (Grand Prix du roman de la SGDL, Prix Schiller et Prix Rambert)

"Le dernier mot"

Jeudi, 02 février 2012 à 09:00

Roland Buti / Editions Zoé

Dans L’amour émietté, Vince, veuf inconsolé, reconstitue les lettres déchirées en mille morceaux que Marie-Hélène lui écrivait. Et sa femme bienaimée ressuscite.

Jean-Philippe, guide de montagne raconte son face à face avec un « homme sauvage » vivant d’herbes et de chasse au sommet des Alpes  Titus, le chat abyssin ramené d’une zone de conflits en Afrique, est écrasé à Genève par la voiture d’une bourgeoise pressée. Jean-Benoît en panne sur l’autoroute dialogue avec Rodion, un Bulgare dont le foyer est un immense panneau publicitaire.

L’écriture précise et le sens de l’observation de Roland Buti suggèrent, avec les quinze nouvelles de ce recueil, la douce et cruelle présence de l’insolite dans l’univers des gens ordinaires.

Roland Buti vit à Lausanne, où il enseigne l’histoire. Il a publié "Les Ames lestées" (1990), "Un Nuage sur l’œil" (2004) et "Luce et Célie" (2007) aux éditions Zoé. Il a été le lauréat du prix Bibliomedia en 2005.

"Anatomie de l'hiver"

Jeudi, 02 février 2012 à 09:00

Elisabeth Jobin / Editions de l'Aire

Tout commence lorsque Michaël s’en va, un matin de décembre. Nul ne sait où il est. Nul ne sait où il va. Lorsqu’il ose s’en aller d’un village où la nature, après s’être empourprée, bruine, blanchit, s’engrise, peut-être que Michaël vole au-dessus des nuages. Si l’un des leurs s’en va, ça fait réfléchir ceux qui restent. Et la quête initiatique de prendre des formes diverses.

Prélude à autre chose. Et plus rien ne sera complètement comme avant dans la contrée. Les renards tissent leur toile au gré des saisons, où après eux, la nuit fait place au jour, sans lui faire de l’ombre. Des renards, mais aussi des hiboux, des chouettes, des chats, des chiens et des chatons. Les hommes et les femmes et les enfants ne sont jamais très loin de la nature et du paysage: ils lui sont concomitants, en situation de dépendance. La nature est si bouillonnante tout en demeurant figée, si avalante, que les sensations, les sentiments et les états d’âme des personnages se retrouvent en elle sans se décomposer, mais en évoluant, comme elle. Les relations s’entremêlent, elles s’entretissent, elles s’entrechoquent.

Et si Michaël qui est parti n’avait pas livré une chiquenaude à l’hiver? Donné des envies aux habitants du village, ou alors ceux-ci feront-ils partie, immuablement et immanquablement, du paysage qui les a vus naître?

Reviendra-t-on de l’hiver? En réchappera-t-on?

Elisabeth Jobin est née en 1987 à Bienne et a grandi dans le Jura bernois. Elle a obtenu un bachelor à l’Institut Littéraire Suisse et étudie maintenant à la Faculté des Lettres de l’Université de Berne. Anatomie de l’hiver est son premier roman.