Le système éducatif suisse passé au crible
28.06.2010 11:16Présentée aux médias jeudi à Berne, cette bible de plus de 300
pages, pesant son kilo, est le fruit des recherches de l'équipe du
professeur Stefan C. Wolter, directeur du Centre suisse de
coordination pour la recherche en éducation (CSRE).
Sur mandat de la Confédération et des cantons, ce rapport dresse
un état des lieux allant de l'école obligatoire aux universités en
passant par la formation professionnelle, la formation continue ou
l'enseignement spécialisé.
Fortes disparités entre cantons
Au contraire d'études internationales, comme PISA, le rapport prend en compte l'extrême variété du système scolaire suisse, explique Hans Ambühl, secrétaire général de la Conférence intercantonale des directeurs de l'instruction publique (CDIP). Les âges d'entrée à l'école, les langues parlées (cantons bilingues ou non), les heures d'enseignement ou le budget de la formation continuent de varier énormément d'un canton à l'autre.
Par exemple, les petits Valaisans sont ceux qui passent le plus
de temps sur les bancs de l'école primaire, soit pas loin de 1000
heures. A l'inverse, les enfants de Bâle-Ville y passent un peu
plus de 600 heures. "On ignore encore quelles conséquences peuvent
avoir ces différence", explique Stefan Wolter. Ce n'est pas
seulement le nombre d'heures qui compte mais aussi la qualité des
programmes.
Pour l'école obligatoire, l'harmonisation scolaire avance
cependant à grands pas avec le concordat intercantonal Harmos et
les plans d'études communs, précise Hans Ambühl. Ce rapport permet
ainsi d'accompagner le processus et de combler des lacunes, fait-il
valoir.
Améliorer la scolarisation des étrangers
Le rapport se penche sur l'égalité des chances: entre hommes et
femmes, de même qu'entre Suisses et étrangers. Il constate que les
filles restent un peu moins nombreuses que les garçons parmi les
90% de jeunes à terminer leur scolarité obligatoire en décrochant
un diplôme de secondaire II comme un baccalauréat ou une maturité
professionnelle.
Ce taux de 90% reste en deçà de l'objectif de 95% de diplômés
d'ici 2015, observe Ursula Renold, directrice de l'Office fédéral
de la formation professionnelle et de la technologie. Il est
toutefois atteint par les élèves nés en Suisse et qui y ont fait
toutes leurs classes. On peut donc en déduire qu'il faut faire de
plus grands efforts pour les élèves arrivés en Suisse après leur
naissance, explique-t-elle.
Les milieux concernés sont appelés à se prononcer sur ce rapport
et à faire part de leurs propositions jusqu'au 30 avril. Ce
jour-là, un colloque national réunira les différents acteurs de la
formation. D'ici 2011, des recommandations seront formulées et
intégrées dans les instruments de pilotage de la CDIP et de la
Confédération. Le rapport sur l'éducation en Suisse paraîtra tous
les quatre ans. Le prochain est attendu pour 2014.
ats/os