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La volonté de moins protéger les sites naturels d'importance nationale divise

Des pins Sylvestre photographiés dans le Bois de Finges, en Valais.
La volonté d'assouplir la protection des sites naturels nationaux divise La Matinale / 1 min. / le 11 juillet 2018
La proposition d'assouplir la protection des sites naturels d'importance nationale, comme le demande une initiative parlementaire, divise fortement à l'issue de la consultation. Certains parlent déjà de référendum.

Gauche et droite sont diamétralement opposés sur ce projet du Conseil des Etats. Les avis divergent également parmi les cantons et entre les milieux de l'énergie et ceux de l'environnement et du patrimoine.

Cette initiative parlementaire entend donner davantage de poids aux intérêts cantonaux lors de l'examen d'une atteinte à un site naturel d'importance nationale. Ce serait le cas par exemple lors de la construction de remontées mécaniques ou d'éoliennes. Les auteurs du texte espèrent que les experts fédéraux soient plus favorables à la réalisation de tels projets cantonaux.

Risque de fragiliser le patrimoine

Mais pour Cordula Kessler, directrice du Centre national d'information sur le patrimoine culturel, la perspective est inacceptable. "Ce changement va clairement trop loin", dit-elle. "Il va fragiliser les trésors de notre patrimoine et je pense que la population n'est pas prête à ce que cela se produise ici; ça va à l'encontre de la volonté populaire. De plus ce changement n'est pas conforme à la Constitution."

De nombreux cantons comme Vaud, Genève, Fribourg, le Jura ou Berne, mais aussi les Verts et les socialistes refusent eux aussi d'assouplir la protection de sites naturels.

"Peu de projets de cette importance"

Cette idée séduit en revanche davantage du côté de Neuchâtel, en Valais et à droite. Pour le conseiller national PLR fribourgeois Jacques Bourgeois, le patrimoine ne sera pas défiguré: "Il faut déjà que ce soit un intérêt supra-cantonal, donc je pense qu'il n'y a pas beaucoup de projets qui peuvent avoir cette importance-là. D'autre part, il y aura chaque fois une pesée des intérêts comme cela a été fait jusqu'à présent."

Le Conseil des Etats, qui a lancé ce texte, devra maintenant décider s'il le modifie ou s'il le maintient tel quel. Mais avec cette seconde option, il prendrait le risque d'un référendum - une menace déjà brandie par les milieux de l'environnement et du patrimoine.

Marc Menichini/oang

Publié le 11 juillet 2018 - Modifié jeudi à 18:22