Modifié le 10 juillet 2018

"L'arrestation de ma femme a détruit nos vies," confie un Turc de Suisse

Turquie: deux ans après le putch avorté, la répression ne faiblit pas. Sept Turco-Suisses sont actuellement retenus
Turquie: deux ans après le putch avorté, la répression ne faiblit pas. Sept Turco-Suisses sont actuellement retenus 19h30 / 2 min. / le 10 juillet 2018
Deux ans après le putch avorté en Turquie, de nombreux citoyens vivant à l'étranger n'ont plus le droit de quitter le pays. Parmi eux, des Turcs de Suisse, comme une mère de famille dont le mari témoigne au micro de la RTS.

Cela fait dix mois que ce Kurde de Turquie résidant depuis 40 ans à Bâle attend le retour de son épouse, arrêtée enceinte de 5 mois à son arrivée à Istanbul. Depuis, cette femme détentrice du permis C en Suisse n'a plus le droit de quitter le territoire turc.

"On lui reproche d'avoir offensé le président Recep Tayyip Erdogan et d'être membre d'une organisation pro-kurde, explique mardi le ressortissant turc dans le 19h30. C'est faux, c'est une mère de famille complètement apolitique."

Publications sur Facebook

La femme a été arrêtée à cause de publications relayées par le mari sur Facebook, essentiellement des couvertures de magazines critiques envers le président turc.

Dévasté par l'arrestation de son épouse, le Kurde raconte: "J'ai eu un infarctus puis une grave dépression. Nous avons perdu nos emplois. Cela a complètement détruit nos vies."

Pour lui, il ne reste qu'à espérer une levée de l'état d'urgence, ce qui pourrait faciliter ses retrouvailles avec sa femme et son bébé, né depuis lors en Turquie.

Pas un cas isolé

Le cas de cette famille n'est pas isolé. Si le nombre de Turcs de Suisse concernés n'est pas connu, le DFAE a comptabilisé sept binationaux turco-suisses retenus en Turquie.

>>Lire aussi: Sept binationaux turco-suisses sont actuellement retenus en Turquie

Pour Amnesty International, la Confédération doit intervenir plus fermement: "La Suisse doit prendre position publiquement et activer les canaux diplomatiques", estime sa porte-parole Nadia Boehlen dans le 19h30.

Le DFAE a assuré être "en contact avec les autorités turques pour que ces personnes puissent se déplacer et voyager".

Reportage TV: Jean-Marc Heuberger

Adaptation web: Mouna Hussain

Publié le 10 juillet 2018 - Modifié le 10 juillet 2018