Modifié le 16 avril 2018

Les acteurs de la santé ne soutiennent pas le référendum contre la loi sur les jeux d'argent

Pas question pour les milieux de la prévention de soutenir le référendum contre la loi sur les jeux d'argent.
Les milieux de la prévention ne soutiendront pas le référendum contre la loi sur les jeux d'argent La Matinale / 1 min. / le 16 avril 2018
Alors que les milieux de la prévention avaient vivement critiqué la nouvelle loi sur les jeux d'argent lors des débats au Parlement, ils ont finalement décidé de ne pas soutenir le référendum contre le texte soumis à votation le 10 juin.

Même si les acteurs de la santé déplorent l'absence de moyens supplémentaires dévolus à la lutte contre le jeu excessif, ils estiment que les effets du référendum pourraient être dévastateurs, a expliqué Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d'études des addictions (GREA), membre de la coalition nationale pour la protection des joueurs, dans La Matinale de lundi: "Le système proposé par les référendaires est un système totalement ouvert de libre-marché, de libre-concurrence avec un déferlement des jeux en ligne sur la Suisse. Cela signifie une plus grande difficulté pour pouvoir réguler cette offre."

Protection des joueurs à améliorer

Cette coalition a donc décidé de rejeter le référendum, malgré la tentation de certains de ses membres de le soutenir. La nouvelle loi va en effet pour la première fois permettre aux casinos suisses de développer des offres en ligne, mais sans prévoir des moyens de prévention spécifiques. Ce que regrette Jean-Félix Savary: "Cela peut poser de nouveaux soucis lorsque l'on a des jeux à disposition sur son téléphone portable 24h/24. Vous avez quasiment un casino dans votre poche tout au long de la journée. On aurait été bien inspiré de se donner les moyens de pouvoir lutter plus efficacement contre ces nouveaux phénomènes".

Cet argument n'a pas échappé aux référendaires. A leurs yeux, comme les mesures de prévention, prévues par cette nouvelle loi, sont insuffisantes, il faut la rejeter. La coalition nationale pour la protection des joueurs préfère elle parler de légères améliorations pour justifier son soutien à cette loi.

Marc Menichini/lan

Publié le 16 avril 2018 - Modifié le 16 avril 2018