Modifié le 05 mars 2018

"La transparence du financement des partis dénote un effet de mode malsain"

Christian Lüscher, conseiller national PLR genevois (vidéo)
Christian Lüscher, conseiller national PLR genevois (vidéo) La Matinale / 6 min. / le 05 mars 2018
Le conseiller national Christian Lüscher (PLR-GE) s'est vivement opposé lundi au principe de transparence du financement des partis politiques, accepté dimanche dans les cantons de Fribourg et de Schwyz.

Les Fribourgeois et les Schwytzois se sont prononcés en faveur de la publication des budgets de campagnes et de leurs gros donateurs. Il y a désormais cinq cantons dotés d'une loi sur ce sujet. En outre, le peuple suisse votera en 2019 sur une initiative pour davantage de transparence dans le financement de la vie politique.

>> Lire aussi: Fribourg et Schwyz introduisent la transparence financière des partis

Invité dans La Matinale de la RTS, Christian Lüscher a déploré un effet de mode: "Celui-ci ne touche d'ailleurs pas uniquement la question du financement des partis politiques. Cela démontre aussi une volonté malsaine qui, depuis une décennie gangrène notre société. Tout le monde devrait tout savoir à propos de tout le monde (...) Tout cela devient ridicule et je pense que cette mode de la transparence va bientôt disparaître."

Selon l'élu PLR, "le citoyen se moque totalement de savoir qui finance quel parti". Et d'ajouter: "Il existe à Genève une loi qui permet à chacun d'aller consulter le registre des donateurs de chaque parti. Il y a environ une visite par année. Cela n'intéresse absolument personne. Ce qui intéresse la population, c'est de savoir si les partis et les parlementaires sont indépendants des donateurs."

"Une forme de voyeurisme"

"Nous vivons dans un pays où la sphère publique est encore protégée", a tenu à souligner le conseiller national. "Ce qui compte, c'est que l'on respecte les règles comptables, les règles de financement imposées par le Code des obligations."

La transparence du financement des partis dénote un certain voyeurisme, d'après Christian Lüscher, qui craint un découragement de la part des donateurs. "Nous arriverons ainsi à ce dont rêvent les socialistes, c'est-à-dire le financement public des partis politiques."

Propos recueillis par Romaine Morard

Texte web: hend

Publié le 05 mars 2018 - Modifié le 05 mars 2018