Modifié le 07 décembre 2017

Garde-frontière reconnu coupable après la fausse couche d'une Syrienne

Tribunal militaire: garde-frontière condamné
Tribunal militaire: garde-frontière condamné 19h30 / 2 min. / le 07 décembre 2017
Un garde-frontière a été condamné jeudi après la mort d'un enfant à naître d'une Syrienne. Il avait refusé une aide médicale à cette femme qui avait fait une fausse couche durant son renvoi en Italie en 2014.

Le Tribunal militaire 4, à Berne, a condamné l'homme à une peine privative de liberté de 7 mois et à une peine pécuniaire de 60 jours-amende à 150 francs. Les deux sanctions sont assorties du sursis.

Le garde-frontière a été reconnu coupable de lésions corporelles par négligence, de tentative d'interruption de grossesse et de violations répétées des prescriptions de service. L'homicide n'a pas été retenu, dans la mesure où l'enfant était mort avant l'arrivée à Brigue, selon des analyses.

Le mari de la victime, qui était présent durant une bonne partie du procès, a déclaré à l'ats qu'il était soulagé par le verdict de culpabilité. Il a estimé cependant que la peine n'était pas à la mesure de la mort de son enfant.

"Il aurait suffi d'un seul appel"

"Il aurait suffi d'un seul appel", a lancé jeudi le président du Tribunal militaire 4, le colonel Alberto Fabbri, d'une voix douce mais d'autant plus insistante. En effet, Brigue est doté d'un hôpital et plusieurs médecins sont installés à proximité de la gare.

L'accusé était soumis à une pression certaine pour procéder rapidement à l'expulsion du groupe de réfugiés, a reconnu le président. Mais cela n'empêchait pas le garde-frontière de retenir la famille syrienne afin de faire examiner la femme enceinte par un médecin.

>> Les précisions de Fanny Zürcher au 19h30:

Garde-frontière condamné: les précisions de Fanny Zuercher
19h30 - Publié le 07 décembre 2017

ats/sey

Publié le 07 décembre 2017 - Modifié le 07 décembre 2017

Retour sur les événements

La famille syrienne, dont la femme était enceinte de sept mois, avait été interceptée à la frontière franco-suisse début juillet 2014. En compagnie d'un groupe de réfugiés, elle tentait de gagner la France depuis l'Italie en compagnie d'un groupe d'une trentaine de personnes.

Les réfugiés avaient été contraints de prendre place dans un bus afin d'être refoulés en Italie par Brigue (VS). Durant le trajet, la femme s'était plainte de douleurs au bas-ventre. Elle souffrait également de saignements.

Au lieu d'appeler un médecin, le garde-frontière, qui assumait la responsabilité du groupe pendant ce transport, avait toute même fait embarquer les réfugiés dans le convoi qui devait les emmener en Italie. Ce n'est qu'ensuite qu'il avait appelé les autorités italiennes pour les informer qu'une femme enceinte souffrante se trouvait à bord.