Modifié le 14 novembre 2017

Vingt ans après, la Suisse s'en remet à l'Egypte dans l'enquête sur Louxor

La Suisse va-t-elle relancer l'emquête sur l'attentat de Louxor?
La Suisse va-t-elle relancer l'enquête sur l'attentat de Louxor? 19h30 / 2 min. / le 14 novembre 2017
A la suite des révélations de la RTS sur le commanditaire présumé de l'attentat de Louxor commis en 1997 - lors duquel 36 Suisses avaient été tués - la Confédération a indiqué mardi qu'il incombait à l'Egypte de juger cette personne.

En novembre 1997, 36 Suisses ont été assassinés à Louxor, en Egypte. Vingt ans après cet attentat terroriste, le commanditaire présumé n’a toujours pas été jugé.

Une enquête de la RTS a localisé Moustafa Hamza en Egypte. Ces révélations ont relancé la possibilité de rouvrir le dossier judiciaire, fermé par la Suisse en 2000.

>> Lire aussi: Vingt ans après l'attentat de Louxor, retour sur une enquête bâclée

Soupçons du MPC

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a réagi mardi dans un communiqué, confirmant "avoir des soupçons à l’encontre de la personne mentionnée dans le reportage".

Le MPC a précisé qu'il "incombera alors aux autorités, lieu de la commission des infractions, de le poursuivre sur le plan pénal". Et de préciser qu'il compte apporter "tout son soutien à l’autorité compétente".

Réouverture du dossier?

Le Ministère public dit vouloir réétudier le dossier, mais n’a toutefois pas donné de détails sur les actions concrètes qu'il souhaitait entreprendre.

Le mandat d’arrêt international lancé contre Moustafa Hamza dans les années 2000 va-t-il être réactivé? Les familles des 36 victimes suisses, elles, attendent toujours que justice soit enfin rendue.

Extradition?

Interrogé par la RTS, Marc Henzelin, avocat spécialiste du droit international, estime que la Suisse peut, en théorie, poursuivre le suspect: "On peut le poursuivre pour meurtre. C'est l’infraction de base. Mais il y a d’autres infractions comme la prise d’otages ou le financement du terrorisme... L’arsenal juridique existe."

L'invité : Marc Henzelin, avocat spécialisé dans les affaires internationales

Avec une extradition du suspect, la Suisse prendrait le risque de se retrouver visée par des complices de cette personne sur territoire suisse

Marc Henzelin
 

Selon lui, une extradition serait possible, quoique délicate: "Ce serait juridiquement possible sur la base d’un certain nombre de conventions internationales que la Suisse et l’Egypte ont ratifiées. Mais, pratiquement, cela risque d’être difficile, puisque si les Egyptiens préfèrent le juger sur leur territoire, ils n’ont pas à l’extrader".

Cela impliquerait également un risque pour la Suisse, souligne Marc Henzelin: "Politiquement, c’est assez délicat d’extrader une personne soupçonnée de terrorisme (...) Cela nécessite des coûts de sécurité extrêmement élevés. La Suisse prend un risque de se retrouver visée par des complices de cette personne sur territoire suisse".

>> Louxor: l'enquête bâclée (12.11.2017):

Luxor…l’enquête bâclée
Mise au Point - Publié le 12 novembre 2017

François Ruchti et Mathieu Cupelin

Publié le 14 novembre 2017 - Modifié le 14 novembre 2017