Modifié le 03 novembre 2017

Simonetta Sommaruga: L'inégalité salariale, "maintenant, ça suffit!"

Femmes socialistes centenaires: interview de Simonetta Sommaruga
Femmes socialistes centenaires: interview de Simonetta Sommaruga 19h30 / 3 min. / le 03 novembre 2017
Alors que les femmes socialistes fêtent leur 100e anniversaire vendredi à Berne, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a salué les luttes accomplies, mais rappelle qu'il reste du travail, notamment en matière d'égalité et de harcèlement.

"Je suis profondément reconnaissante du travail accompli par les femmes socialistes, sans lesquelles il n'y aurait pas de droit de vote pour les femmes", souligne Simonetta Sommaruga dans le 19h30 de la RTS.

La cheffe du Département fédéral de justice et police raconte ce moment comme étant l'un des plus importants de sa vie: "J'avais 11 ans. Je me souviens que jusque-là, ma mère devait attendre devant le bureau de vote que mon père finisse de voter."

Encore du pain sur la planche

Mais il reste du pain sur la planche pour les sections féminines des partis. En témoigne l'inégalité salariale qui perdure, bien que le principe d'égalité soit inscrit dans la Constitution depuis 36 ans. Les hommes gagnent encore aujourd'hui en moyenne 20% de plus que les femmes en Suisse.

"C'est un scandale. Maintenant, ça suffit!", lance la Bernoise. Selon elle, on a déjà tout essayé par la voie volontaire. Désormais, le Conseil fédéral réclamera plus de transparence.

"Tous les quatre ans, les entreprises devront faire une analyse. Et si on réalise que la discrimination envers les femmes continue, les sociétés devront annoncer des mesures pour changer", détaille-t-elle.

Ce sera désormais au Parlement d'appuyer cette démarche. "Moi, je vais lutter pour cette position auprès du Conseil fédéral. Mais bien sûr, toujours ensemble avec les femmes socialistes."

"La violence envers les femmes commence avec le harcèlement"

L'autre thème féministe du moment est la lutte contre le harcèlement sexuel, dont les scandales inondent les réseaux sociaux.

"Dans les lois, on a les bases. Mais c'est une question de mentalité, et malheureusement de réalité", déplore la conseillère fédérale, espérant que les mentalités évoluent au fur et à mesure que les langues se délient.

Quant aux actions politiques envisagées pour enrayer le phénomène, Simonetta Sommaruga mise en partie sur un paquet de mesures décidées par le Conseil fédéral. "La violence envers les femmes ne commence pas toujours avec la violence, mais avec le harcèlement. En discutant de ce projet au Parlement, on va réaliser qu'il y a encore quelque chose à faire", assure-t-elle.

Feriel Mestiri

Publié le 03 novembre 2017 - Modifié le 03 novembre 2017

Des femmes socialistes pionnières

Avant de devenir une formation indépendante au sein du Parti socialiste en 1917, les femmes socialistes étaient regroupées, dès 1890, dans la Fédération suisse des ouvrières.

Mais se faire une place n’a pas été facile, car le parti les avait avant tout chargées de s’occuper des questions purement féminines. Il leur demandait aussi de recruter de nouveaux membres pour le parti.

Egalité des sexes et droit de vote, les femmes du PS ont ensuite concentré leurs forces sur les combats essentiels. Elles ont aussi parfois joué un rôle d'aiguillon dans le parti.

Si les femmes socialistes ont tracé la route en créant leur section en 1917, il a fallu attendre 1949 pour le PLR, 1971 pour le PDC et 1972 pour l'UDC.